Une photographie publiée par Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, sur son compte Instagram la montre participant à une réunion, après que les États-Unis ont lancé une attaque contre le Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, dans une publication sur les réseaux sociaux diffusée le 4 janvier 2026. Delcy Rodríguez via Instagram / Photo fournie par un tiers via REUTERS
La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez prêtera serment lundi devant l'Assemblée nationale, a annoncé le président du Parlement, son frère, tandis que Nicolas Maduro, capturé samedi, a plaidé non coupable pendant sa présentation à la justice américaine.
« Aujourd'hui (...), conformément aux principes constitutionnels, la présidente par intérim de la République, l'avocate Delcy Eloina Rodriguez Gomez, prêtera serment », a déclaré Jorge Rodriguez, le négociateur en chef avec les Etats-Unis. Celui-ci a été réélu sans surprise président de l'Assemblée nationale, au sein de laquelle le pouvoir dispose de 256 des 286 sièges, seuls quelques opposants ayant participé aux législatives de mai 2025.
Le fils du chef de l'Etat vénézuélien déchu Nicolas Maduro, Nicolas Maduro Guerra, dit « Nicolasito » (petit Nicolas), député réélu, a de son côté apporté lundi au moment de l'installation - prévue de longue date - de la nouvelle Assemblée nationale son « soutien inconditionnel » à Delcy Rodriguez, tout en assurant que son père et sa belle-mère, la première Dame Cilia Flores, « reviendront ».
Le même jour, Nicolas Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal de New York, deux jours après avoir été emmené de force de Caracas à l'issue d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le Venezuela, un pays riche en pétrole.
En se levant devant les députés, Jorge Rodriguez a fait un « V« avec les deux doigts, une allusion au signe fait par M. Maduro devant les caméras américaines et fortement relayé par la télévision d'Etat. Celui-ci a promis de « recourir à toutes les procédures, à toutes les tribunes et à tous les espaces pour réussir à ramener Nicolas Maduro Moros, mon frère, mon président ».
« Vamos Nico ! »
« À toi, Delcy Eloina (Rodriguez), tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t'incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille ! », a clamé Nicolasito, ajoutant avec des tremolos dans la voix : « La patrie est entre de bonnes mains, papa! »
« Plus tôt que tard ils seront avec nous, grâce à toute la lutte du peuple mobilisé à l'intérieur et à l'extérieur du pays, ils reviendront ! », a-t-il encore dit. Très applaudi, il a ajouté : « Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n'est ni faiblesse, ni reddition, c'est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l'égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace et sans ingérence ».
De nombreux députés ont scandé « Allez Nico ! », à l'intention de Nicolas Maduro. « Vamos Nico ! » a été un des slogans de la campagne présidentielle de 2024.
Le chef de l'Etat « a été enlevé par le gouvernement des Etats-Unis au cours d'une attaque barbare, perfide et lâche, de nature fasciste », s'est exclamé à l'ouverture de la séance le doyen des députés, Fernando Soto Rojas. « Le président des Etats-Unis, M. Trump, prétend être le procureur, le juge et le policier du monde. Depuis le Venezuela bolivarien, nous disons +Vous n'y parviendrez pas+. Et nous allons finalement déployer toute la solidarité pour que notre président légitime, Nicolas Maduro, retourne victorieux à Miraflores » (le palais présidentiel, ndlr).
Dans l'hémicycle, un siège vide avec le nom de Cilia Flores, l'épouse de M. Maduro également emmenée de force, et réélue en mai, était visible. Une photographie du couple Maduro, prise à l'occasion de l'investiture de M. Maduro en janvier dernier, a été dévoilée au pied du perchoir par Jorge Rodriguez et Nicolasito, accompagnés d'un fils de Cilia Flores.
Stalin Gonzalez, un des rares députés de l'opposition, a réclamé une « amnistie » et la « libération de tous les prisonniers politiques ». « Nous ne serons pas complices et nous n'acceptons pas des institutions de façade, (...) nous exigeons l'arrêt immédiat de la persécution, de la criminalisation de la dissidence et la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce chemin de reconstruction, nous considérons que ce moment est propice pour promouvoir une amnistie », a-t-il martelé.


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