Un portrait de Ziad Soboh, l'une des victimes de l'explosion du 4 août 2020, accroché le 17 août 2025 devant le port de Beyrouth. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Des proches des victimes de la double explosion au port de Beyrouth ont menacé dimanche de reprendre leurs manifestations devant le Palais de justice si l'enquête sur ce drame n'avance pas. Ces propos ont été exprimés dans un communiqué publié à l'issue de leur manifestation mensuelle, tous les 4 du mois devant le port.
« Nous, les familles des victimes de l'explosion au port de Beyrouth, continuons de nous recueillir sur les tombes de nos enfants et de nos frères et sœurs pour leur rappeler que les responsables de leur mort restent impunis et que la vérité sur ce qui s'est passé n'a toujours pas été révélée au peuple libanais », ont déclaré les proches. « Faites votre devoir, car nous n’attendrons plus. Voulez-vous que nous, les familles endeuillées, retournions manifester devant le Palais de justice pour exiger le respect des droits légitimes des victimes… la vérité et la justice ? », ont-ils ajouté.
« Combien de temps encore pensez-vous que nous allons attendre la décision concernant la prétendue usurpation de pouvoir, diffamatoire et mensongère, portée par Ghassan Oueidate (l'ancien chef du parquet de cassation) contre le juge d'instruction ? Combien de temps encore pensez-vous que nous allons tolérer votre retard à statuer sur les recours déposés contre le juge Tarek Bitar ? », ont poursuivi les familles.
La double explosion du 4 août 2020 a tué plus de 220 personnes, blessé 6 500 autres et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth. Les familles des victimes continuent de réclamer justice, tandis que l'enquête est entravée par de nombreuses ingérences politiques. Le juge Bitar fait l'objet d'une plainte d’usurpation de pouvoir déposée en janvier 2023 par Ghassan Oueidate.
Les proches des victimes du port avaient manifesté à plusieurs reprises devant le Palais de justice de Beyrouth afin de dénoncer les ingérences politiques dans cette affaire. Ces sit-in avaient parfois pris un tour plus violents avec des pneus brûlés devant le Palais de justice, et un juge avait, en janvier 2023, brièvement arrêté les frères de deux victimes suite à ces sit-in.

