Le chef du Département fédéral suisse de justice et police (DFJP), Beat Jans, rend hommage aux victimes devant un mémorial improvisé devant le bar « Le Constellation », après un incendie et une explosion meurtriers lors d'une fête du Nouvel An dans la station de ski huppée de Crans-Montana, dans le sud-ouest de la Suisse, le 3 janvier 2026. Photo REUTERS/Denis Balibouse
La mousse acoustique recouvrant le plafond du bar de Crans-Montana, où un incendie survenu dans la nuit du nouvel an a fait 40 morts, est l'un des éléments clés examinés par les enquêteurs, selon la justice suisse.
« L'enquête porte effectivement sur la pose de cette mousse » et elle devra déterminer si cet isolant phonique « est conforme » et s'il est « à l'origine ou pas » de l'embrasement de la salle, a expliqué vendredi la procureure générale du canton de Valais, Béatrice Pilloud, lors d'une conférence de presse.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le feu est parti des bougies incandescentes placées sur des bouteilles de champagne. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un embrasement rapide du plafond du sous-sol du bar, recouvert de cette mousse acoustique.
Pour Freddy Rigaux, ancien sapeur-pompier professionnel et expert judiciaire, le matériau visible sur ces vidéos correspond à des produits « facilement, voire très facilement inflammables », contrairement aux matériaux classés M1 requis pour les plafonds des établissements recevant du public.
Sur les plafonds, les matériaux classés M1 sont combustibles, mais pas inflammables. « Ils vont se dégrader sous l'effet de la chaleur, mais ne vont pas produire de flammes, notamment de gouttes enflammées comme on peut le voir sur la vidéo », explique-t-il.
Lorsque les mousses, souvent en polyuréthane, ne sont pas traitées avec des produits visant à retarder la combustion, le feu se propage rapidement, souligne le spécialiste. Selon Romain Amisse, également expert judiciaire en incendie, les fumées sont toxiques pour les personnes qui les inhalent, notamment dans des endroits très confinés, comme c'est le cas à Crans-Montana.
Le drame suisse rappelle par ailleurs particulièrement selon lui l'incendie du bar Cuba Libre, qui avait 14 morts en 2016 à Rouen, dans l'ouest de la France. « On est à peu près dans le même cas, avec au plafond une mousse hautement inflammable qui produit beaucoup de fumée », observe-t-il.
Interrogé par l'AFP, David Zenouda, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie à Paris, estime qu'il n'est « pas concevable » d'utiliser ce type de mousses acoustiques pour insonoriser un établissement.
« Pour insonoriser, on a des matériaux précis à appliquer au plafond et contre les parois des murs, en faisant une sorte de boîte dans la boîte », c'est-à-dire un « coffret avec une plaque de plâtre (...) sur lequel vous mettez des plaques de goudron avec de la laine de roche et puis ensuite une nouvelle plaque ».
« C'est très complexe et ça nécessite de lourds investissements », reconnaît-il. Ce qui a été utilisé en Suisse équivaut selon lui à « du matériel pour insonoriser des cabines médias ou des studios d'enregistrement », non des établissements recevant du public.
« Imaginons que cet établissement ait voulu mettre des draps en nylon. Le danger aurait été exactement le même puisque avec la bougie scintillante, les (mêmes) causes auraient produit les mêmes effets », ajoute-t-il.


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
L'OLJ révèle le projet non définitif de déclaration d’intention entre Israël et le Liban