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Loi sur le « trou financier » : l’Association des banques du Liban se réunira le 5 janvier pour « prendre les mesures appropriées »

L’Union des déposants, née dans le sillage de la contestation du 17 octobre 2019, accuse le « lobby bancaire » de chercher à torpiller le plan.

Loi sur le « trou financier » : l’Association des banques du Liban se réunira le 5 janvier pour « prendre les mesures appropriées »

L’entrée du siège de l’ABL, dégradée dans le sillage les manifestations du 17 octobre 2019, le 7 août 2025. Photo d’archives Philippe HAGE BOUTROS/L’Orient-Le Jour

L’Association des banques du Liban (ABL) a appelé les banques opérant dans le pays à une réunion la semaine prochaine afin de « se concerter » et de « prendre les mesures appropriées », à la suite de l’adoption par le gouvernement de Nawaf Salam d’un projet de loi visant à organiser la répartition des pertes financières accumulées par le pays avant et après la crise de 2019, ainsi qu’à restituer une partie des dépôts gelés par les banques depuis six ans.

Radicalement opposée à ce projet officiellement intitulé « rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts » ou encore appelé loi sur le « trou financier , l’ABL a fait cette annonce dans un communiqué laconique publié lundi soir, à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration consacrée à l’examen du décret n° 2224 du 29 décembre 2025, contenant le projet de loi.

L’ABL avait tenu une précédente réunion avant l’adoption du texte sans prendre de décisions concrètes, tandis que certains de ses membres avaient démenti en coulisses les rumeurs indiquant qu’elle prévoyait de faire grève si le projet était adopté.

Par le passé, l’ABL avait fait obstacle à toute tentative d’assainissement des finances publiques qui ne ferait pas supporter à l’État la majorité, voire la totalité, des pertes, considérant que la crise était systémique. Son approche est contestée par le Fonds monétaire international, que le Liban a approché dès 2020 pour souscrire à un programme d’assistance financière, et qui considère notamment que tout effort de restructuration du secteur doit commencer par la mise à contribution des actionnaires, avant de déterminer la part que les déposants et l’État doivent prendre en charge.

L’avis de l’ABL est partagé par une majorité des banques qui en sont membres, avec certaines nuances entre celles-ci. Certains établissements avaient concédé par le passé, sans qu’il ne soit possible de juger de leur sincérité, qu’il était difficile de combler les pertes titanesques du pays (qui flottent autour de 70 milliards de dollars selon les estimations les plus récurrentes) sans faire également contribuer les banques, demandant cependant que cette participation ne les mette pas en péril. D'autres voix, y compris dans le secteur privé, ont également critiqué le texte.

« Les banques exploitent la souffrance des déposants »

Lundi, Nawaf Salam était monté au créneau pour se dire « ouvert à toute proposition susceptible d’améliorer ce projet de loi », tout en soulignant ne pouvoir « accepter les critiques qui ne proposent pas d’alternatives, car cela contribue au gaspillage des fonds des déposants, à la paralysie du secteur bancaire et à l’affaiblissement de l’économie ».

Le projet de loi adopté vendredi dernier et depuis transmis au Parlement est aussi contesté par une partie des associations de déposants qui se sont mises en place depuis le début de la crise et qui ont pour la plupart d’entre elles des liens avec certains bords politiques.

L’Union des déposants, née dans le sillage de la contestation du 17 octobre 2019, fait partie des rares qui considèrent que le projet doit être amendé avant d’être voté, tout en saluant dans le même temps le progrès réalisé par le gouvernement Salam en adoptant un texte qui n’avait jamais réussi à passer l'épreuve du Conseil des ministres en raison des pressions exercées sur les précédents gouvernements par les parties prenantes opposées à son adoption.

Une délégation de cette association s’est rendue mardi au Grand Sérail pour aborder le dossier avec le Premier ministre. « Nous ne prétendons pas représenter l’ensemble des opinions de tous les déposants au Liban », a déclaré après la réunion Raëd Bou Hamdan, l’un des cofondateurs de l’organisation. Il a également dénoncé « la campagne médiatique menée par le lobby de l’ABL contre le projet de loi proposé, lequel prétend que les déposants et les banques rejettent ce texte ».

« En tant qu’association, nous représentons les intérêts des déposants et avons présenté nos remarques et nos objections. Il est vrai que nous avons des réserves, mais elles reposent sur une approche différente de celle défendue par l’ABL et le lobby qui exerce des pressions en sa faveur », a poursuivi Raëd Bou Hamdane. « Les banques exploitent la souffrance des déposants pour torpiller le plan, a-t-il déploré. Tout ce qu’elles veulent à ce stade, c’est l’absence de plan, en cherchant à échapper à leurs responsabilités et à leurs pertes, qu’elles tentent de faire porter aux déposants et à l’État, c’est-à-dire aux finances publiques et aux citoyens, dans la phase à venir.»

L’Association des banques du Liban (ABL) a appelé les banques opérant dans le pays à une réunion la semaine prochaine afin de « se concerter » et de « prendre les mesures appropriées », à la suite de l’adoption par le gouvernement de Nawaf Salam d’un projet de loi visant à organiser la répartition des pertes financières accumulées par le pays avant et après la crise de 2019, ainsi qu’à restituer une partie des dépôts gelés par les banques depuis six ans.Radicalement opposée à ce projet officiellement intitulé « rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts » ou encore appelé loi sur le « trou financier , l’ABL a fait cette annonce dans un communiqué laconique publié lundi soir, à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration consacrée à l’examen du décret...