Des Palestiniens déplacés passent devant une grande flaque d'eau de pluie accumulée près de tentes servant d'abris, alors que la région connaît des conditions hivernales pluvieuses et froides, à Gaza, le 28 décembre 2025. Photo Omar al-Qattaa / AFP
Deux semaines après avoir été durement touchés par la tempête Byron, les Palestiniens de Gaza ont de nouveau souffert cette nuit des intempéries frappant la région.
« Tout a été inondé », lâche Jamil al-Charafi, l'un des centaines de milliers de Palestiniens déplacés à Gaza qui se réveillent dimanche désemparés après une nouvelle nuit de pluies torrentielles dans le territoire ravagé par la guerre. « Nous avons perdu nos couvertures, toute la nourriture est détrempée », raconte à l'AFP cet homme de 47 ans, père de six enfants, dans la région côtière de Mawassi (sud), où il a été déplacé près de Khan Younès. « Mes enfants tremblent de froid et de peur ».
Des images de l'AFP, filmées dimanche dans la ville de Gaza, montrent des tentes plantées face à la mer et battues par le vent glacial, des habitants tentant de renforcer les attaches pour éviter que leur abri ne s'envole.
Au milieu de ces campements montés à la va-vite avec des bâches distribuées par des organisations humanitaires, des flaques d'eau stagnent dans les allées boueuses. À l'aide d'une pelle cassée, une femme essaye d'ériger un monticule pour empêcher l'eau de rentrer dans sa tente.
À Deir al-Balah (centre), Oum Mouïn et ses quatre enfants ont été réveillés en pleine nuit par le déluge. « L'eau était en train d'inonder la tente », explique cette Palestinienne de 34 ans, disant n'avoir « aucun endroit où aller ».
Une autre réclame des logements en préfabriqué pour protéger les familles. « Vivre dans une tente, ça veut dire mourir de froid avec la pluie et de chaud en été », déplore Oum Rami.
Mi-décembre, Gaza avait déjà connu un épisode de fortes pluies et de froid avec le passage de la tempête Byron. Ces intempéries avaient fait au moins 18 morts, des suites de l'effondrement de bâtiments en ruine ou des effets du froid, fatal pour plusieurs nouveaux-nés morts par hypothermie, comme l'avait rapporté la Défense civile de Gaza.
Un cessez-le-feu précaire est en vigueur le 10 octobre à Gaza, après deux années de guerre génocidaire menée par l'armée israélienne contre l'enclave assiégée, où au moins 71 266 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dont 414 depuis le début de la trêve.
« Fatigué de cette vie »
L'arrivée de l'hiver a encore aggravé la crise humanitaire pesant sur la bande de Gaza et ses 2,2 millions d'habitants. Dans le territoire, près de 80% du bâti existant a été endommagé ou détruit par la guerre, selon des données de l'ONU, alors que 1,5 million de Gazaouis ont « perdu leur maison », rappelle à l'AFP Amjad Al-Chawa, directeur du Réseau des ONG palestiniennes à Gaza.
Sur les plus de 300 000 tentes réclamées pour abriter des déplacés, « nous en avons reçu seulement 60 000 », précise-t-il, dénonçant les restrictions israéliennes pesant sur l'acheminement de l'aide humanitaire, alors que des centaines de camions chargés d'abris pour l'hiver demeurent bloqués par Israël à l'entrée de la bande de Gaza.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) indiquait le 18 décembre que 235 000 personnes au moins avaient été affectées. Elle rapportait l'effondrement de 17 bâtiments, outre 42 000 tentes ou abris de fortune endommagés totalement ou en partie.
Mohamed al-Souweirki, 39 ans et déplacé dans la région de Nousseirat (centre), témoigne de sa lassitude après cette série d'intempéries.
« Le vent a arraché une partie de notre tente », dit-il. « On est à la rue et on craint que la météo continue comme ça, on n'en peut plus, on est fatigué de cette vie ».
La Défense civile a averti de l'imminence d'une « nouvelle dépression », attendue dans les prochaines heures avec « de fortes pluies et des vents violents », qui dureront jusqu'à lundi soir.




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