Le président libanais, Joseph Aoun, lors d'un point presse à Bkerké, le 25 décembre 2025. Photo ANI
À l'approche de la fin de l'année et de celle de la première phase du plan de l'armée pour récupérer le monopole des armes, le président libanais Joseph Aoun a affirmé jeudi depuis Bkerké que le désarmement irait « jusqu'au bout »... Avant de préciser que la manière d'appliquer cette décision catégorique se fera « selon les circonstances ». Un engagement nuancé, alors que la troupe doit bientôt lancer la deuxième phase du désarmement, cette fois au nord du fleuve Litani. Si le Hezbollah ne s'est pas opposé à la remise de son arsenal à l'armée libanaise au sud du fleuve, il refuse de le faire dans le reste du territoire, tandis qu'Israël fait de son côté monter la pression sur le terrain.
Avant la messe, le chef de l'État a été reçu en aparté par le patriarche maronite Béchara Raï. Il s'est ensuite adressé à la presse. En réponse à une question sur le monopole des armes, une décision prise par l'exécutif début août, M. Aoun a répondu : « Nous irons jusqu’au bout. Je le répète : la décision a été prise et nous la mettrons en œuvre ». Il a toutefois précisé que « l’application » de cette décision « se fera en fonction des circonstances. » Joseph Aoun prône depuis le début de son mandat une approche « douce » pour le désarmement, basée sur le dialogue, disant craindre des tensions dans le pays si les autorités forcent le Hezbollah à rendre les armes.
« Le spectre de la guerre s'est éloigné »
Il a encore affirmé que « le spectre de la guerre s'est éloigné », alors que certains craignaient une offensive israélienne majeure sur le Liban, affirmant que les contacts diplomatiques n'avaient « pas cessé » pour éviter au pays du Cèdre une escalade, évoquant notamment des discussions avec des « pays influents », comme les États-unis, les pays arabes et l'Union européenne. « Naturellement, dans toute négociation, chacun cherche à relever le plafond de ses exigences, mais je reste optimiste », a-t-il souligné, en allusion aux discussions entamées entre des représentants militaires et civils libanais et israéliens à Naqoura, dans le cadre du « mécanisme », le comité de surveillance du cessez-le-feu. M. Aoun avait annoncé le 3 décembre la nomination d'un diplomate, Simon Karam, au sein de ce groupe, dans un geste de bonne volonté face aux revendications israéliennes et américaines pour des tractations dépassant le cadre militaire.
Malgré cet optimisme, le président a regretté qu'une « blessure béante subsiste dans le Sud, dont les habitants ne sont pas encore revenus sur leurs terres, tandis que nos prisonniers se trouvent toujours dans les prisons israéliennes, et que les attaques se poursuivent. » Trois personnes ont été tuées au cours de la seule journée de jeudi dans des frappes israéliennes.
« Que les députés débattent de la loi » électorale
Concernant les élections législatives, normalement prévues en mai prochain mais dont l'organisation est incertaine sur fond de tensions politiques liées au mode de scrutin des émigrés, Joseph Aoun a souligné que « le président de la Chambre, Nabih Berry, le Premier ministre Nawaf Salam et moi-même sommes déterminés à organiser le scrutin à la date prévue. »
« Le Parlement, dans le respect du principe de la séparation des pouvoirs, a un rôle à jouer : que les députés se rendent à la Chambre et débattent de la loi qu’ils souhaitent », a-t-il lancé alors que, d'un côté, M. Berry refuse d'inscrire des amendements à la loi électorale, concernant le vote de la diaspora, à l'ordre du jour de la Chambre, et de l'autre, les députés anti-Hezbollah, Forces libanaises en tête, boycottent les séances parlementaires tant que cet amendement ne peut être débattu.
Les partis pro-amendement veulent permettre aux expatriés de voter pour les 128 députés de métropole, comme ils l'ont fait lors des deux précédents scrutins, et non pour six parlementaires supplémentaires, réservés à la diaspora, comme le prévoit la loi électorale de 2017.



Notre pays est gangrené jusqu'à la moelle! Des mots populistes vides de sens. Rien, rien ne changera dans notre pays. Nous sommes maudits!
16 h 09, le 26 décembre 2025