Des photos du président des Émirats arabes unis Mohammad ben Zayed al-Nahyane et du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane pendant un rassemblement organisé par les séparatistes yéménites à Aden, au Yémen, le 21 décembre 2025. Photo REUTERS / Fawaz Salman
L'Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, a appelé jeudi les séparatistes yéménites à restituer les territoires dont ils se sont récemment emparés.
Début décembre, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC), membre du gouvernement, a pris le contrôle de vastes territoires jusque-là aux mains de troupes gouvernementales et dit désormais contrôler la totalité des zones de l'ancien Yémen du Sud, qui a été un Etat indépendant de 1967 à 1990.
Le Yémen était déjà divisé entre les Houthis, des rebelles soutenus par l'Iran qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014 puis d'une grande partie du nord du pays, et le gouvernement, qui rassemble des forces hétéroclites.
Le STC, soutenu par les Emirats arabes unis, a dit avoir pris les provinces de Mahra et Hadramout, dans l'est du pays, pour déloger un chef tribal et des forces loyalistes, présentées comme affiliées aux Frères musulmans, et lutter contre la contrebande profitant selon lui aux Houthis et à des groupes terroristes.
Le STC fait partie du Conseil présidentiel qui chapeaute le gouvernement reconnu, aux côtés d'autres groupes contrôlant différents territoires.
Ryad a condamné des prises de territoires « de manière unilatérale, sans l'accord du Conseil présidentiel et sans coordination avec les dirigeants de la coalition », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué, en référence à une alliance régionale mise en place en 2015 par Ryad pour soutenir le gouvernement dans sa guerre contre les Houthis.
Dénonçant « une escalade injustifiée », le ministère a dit espérer un « retrait urgent (...) des forces (du SCT) des deux provinces ».
Début décembre, le SCT avait refusé une demande des Emirats arabes unis et de l'Arabie saoudite de s'en retirer, selon une source proche du STC.
Alors qu'une trêve entre Houthis et forces gouvernementales tient globalement depuis 2022, ces nouvelles tensions risquent de fragiliser un peu plus le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

