Des soldats libanais posent devant leur véhicule à Kfarchouba, au Liban-Sud, le 26 août 2023. Photo d'illustration Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L'armée libanaise et le ministre de la Défense ont défendu bec et ongle la troupe mardi et démenti tout lien avec le Hezbollah, après que l'armée israélienne avait accusé l'une des trois victimes de la frappe israélienne sur une voiture dans la région de Saïda d'être à la fois soldat et membre du parti chiite.
Les allégations israéliennes, selon lesquelles Ali Abdallah, l'un des trois hommes tués lundi, était soldat et combattant du Hezbollah « sont fausses », a affirmé une source au sein de l'armée à L'Orient-Le Jour dans la matinée. « Il se peut que les hommes qui accompagnaient le soldat étaient des proches ou des amis issus de son village », a clarifié une source de l'armée.
Elle a par ailleurs précisé que le soldat appartenait au régiment antichar, et non aux renseignements de l'armée, comme l'affirme Israël. Dans un bref communiqué, la troupe a indiqué que Ali Abdallah était sergent chef et que ses funérailles auront lieu mercredi à Houmine el-Tahta. Elle a ensuite publié un second texte, dans lequel elle dénonce des informations « trompeuses » relayées par Tel-Aviv pour « semer le doute sur la doctrine de l'armée et le comportement de ses soldats. » « L'appartenance des soldats à l'institution et à la patrie est inébranlable », a-t-elle ajouté.
« Coup de poignard dans le dos » de l'armée libanaise
Le ministre de la Défense, Michel Menassa, a pour sa part dénoncé dans un communiqué des « médias locaux et étrangers (qui) prétendent que des militaires entretiennent des liens avec des partis ». « Ces propos sont erronés et constituent une attaque malveillante visant l’armée, son rôle, ses sacrifices et ses missions actuelles et futures », indique le ministre.
« Les soldats de l’armée libanaise sont loyaux envers la nation, la légitimité et le drapeau libanais. La diffusion persistante de ces calomnies et la mise en doute de la loyauté des membres de l’institution militaire servent les ennemis du Liban et constituent un coup de poignard dans le dos des héros de l’armée qui défendent la patrie au péril de leur vie », indique le texte.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a pour sa part indiqué sur X que le raid de lundi avait « éliminé trois agents terroristes, dont l’un servait simultanément au sein d’une unité de renseignement de l’armée libanaise, et un autre faisait partie d’une unité de défense aérienne (du Hezbollah, ndlr) dans la région de Saïda ». Il a aussi souligné que ces hommes « préparaient des projets terroristes contre l’armée israélienne et étaient impliqués dans des tentatives de reconstruction d’infrastructures militaires dans la région de Saïda, au sud du Liban ». Outre Ali Abdallah, les victimes avaient été identifiées la veille comme étant Hassan Issa et Moustapha Ballout.
Silence radio du côté du Hezbollah
Le Hezbollah n'a pas encore annoncé de funérailles officielles pour les deux autres victimes, ni confirmé qu'elles étaient issues de ces rangs. Sur les réseaux sociaux, une vidéo circulant sur les pages de villages du Liban-Sud montre les trois jeunes hommes dans une même voiture, sans qu'il soit précisé quand les images ont été prises.
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024, Israël poursuit ses attaques quasi-quotidiennes contre le Liban, avec une recrudescence des frappes au cours des derniers mois. Son armée continue d’occuper au moins cinq positions dans le Sud, le long de la frontière méridionale. Le Hezbollah affirme pour sa part respecter le cessez-le-feu, mais refuse de remettre les armes tant que les attaques israéliennes se poursuivent et que l’armée libanaise n’est pas suffisamment équipée pour défendre le pays. Cette dernière est chargée par les autorités de désarmer le parti chiite, à commencer par la région au sud du Litani, où le Hezbollah dit ne plus avoir de « présence militaire. »
Les médias israéliens ont à plusieurs reprises ces derniers mois accusé l'armée libanaise « d'atermoiements » pour désarmer le Hezbollah. Des accusations dont s'était fait l'écho l'administration américaine, en novembre, en annulant des rendez-vous du commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, à Washington, pour protester contre la lenteur du désarmement et la formulation utilisée par la troupe dont les communiqués évoquent « l'ennemi israélien. » Les tensions se sont toutefois résorbées ces dernières semaines, avec notamment l'annonce d'une conférence de soutien à l'armée parrainée par Washington, Paris et Riyad, tandis qu'un nouveau « mécanisme » est en cours de discussion pour rendre compte de l'avancée du démantèlement de l'arsenal du Hezbollah. Par ailleurs, l'armée avait déjà réfuté, début décembre, tout lien entre ses soldats et le parti chiite, après qu'un analyste iranien avait affirmé que « 30 % » des effectifs militaires libanais étaient membres du Hezbollah.



Qu’ils aille voir si on y est. Résistance de pacotille. Ils ne résistent qu’à notre souveraineté et notre dignité pour servir les mollahs leurs maîtres.
19 h 45, le 28 décembre 2025