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Culture - Concert

Musique et solidarité : Takreem réunit la scène artistique libanaise

Le gala annuel de la fondation a rassemblé artistes et invités au MusicHall pour une soirée dédiée au partage et à l’engagement.

Musique et solidarité : Takreem réunit la scène artistique libanaise

Intermède final : les artistes réunis autour de Ricardo Karam au terme de la soirée Takreem. Photo Nabil Ismaïl

La fondation Takreem a choisi le MusicHall, mercredi soir, pour son gala annuel de levée de fonds. Une soirée de Noël placée sous le signe de la musique et de la solidarité, qui a rappelé, avec une rare justesse, que l’esprit de la fête réside moins dans l’apparat que dans la rencontre, le partage et l’attention portée à l’autre.

L’événement a ainsi offert une parenthèse à distance de la consommation et de la marchandisation du religieux, ravivant l’idée d’un vivre-ensemble fondé sur des valeurs humaines essentielles et l’espoir d’une société libanaise plus unie et attentive aux plus fragiles.

La soirée s’est déployée comme un voyage musical à l’échelle du monde, prenant racine à Beyrouth et dans l’identité libanaise avant de s’ouvrir sur l’Europe, l’Amérique latine et les États-Unis. Rock, chants de Noël, disco, tarab oriental, chansons patrimoniales libanaises, religieuses et nationales s’y sont entremêlés, ponctués d’un moment de recueillement et de solidarité avec la Palestine meurtrie et les habitants de Gaza, livrés au froid, aux eaux, à la détresse de la guerre et à la violence du génocide.

Jahida Wehbé, portée par le chant, lors du gala annuel de Takreem. Photo Nabil Ismaïl
Jahida Wehbé, portée par le chant, lors du gala annuel de Takreem. Photo Nabil Ismaïl

Pour la troisième année consécutive, l’initiative « Shining Stars of Hope », portée par le journaliste Ricardo Karam, a célébré le soutien à la communauté artistique libanaise tout en appuyant des institutions œuvrant auprès de celles et ceux privés des conditions essentielles de la vie, à l’image des Restaurants du cœur au Liban.

Chargée d’espoir, de chaleur humaine et d’un professionnalisme remarquable, la soirée a rassemblé des formations musicales en direct ainsi que plus de trente chanteurs, artistes, musiciens et danseurs, dans un programme riche et pluriel célébrant la poésie, le chant, les hymnes religieux, la musique, la danse expressive, la résilience et l’esprit de solidarité. Une vitrine éloquente de la richesse et de la profondeur de la scène culturelle libanaise. Parmi les artistes présents figuraient Aya Abi Kanaan, Nariman Abou Rahal, Johnny Aouad, Kevin Bou Nassif, Cosette Chedid, Bouchra Hachem, Samir Karam, Patrick Khalil, Daria Leila, Shana, Fidel Zreiby, ainsi que le chœur One Harmony de l’Académie Tania Kassis. Le chorégraphe Mazen Kiwan, accompagné de Sahar Abou Khalil, a également captivé le public par des tableaux dansés à la fois gracieux et expressifs.

Le produit de la soirée – animée par le champion libanais d’alpinisme Maxime Chaya – bénéficiera à une centaine d’artistes libanais, femmes et hommes, qui ont offert à leur pays et au monde des moments de joie mais que l’âge et la fatigue ont relégués à la marge, ainsi qu’à des dizaines de familles dans le besoin. Une démarche qui confirme « l’engagement de la fondation Takreem à préserver l’héritage culturel d’un côté et à assurer un soutien humanitaire aux familles les plus vulnérables de l’autre », comme l’a confié Ricardo Karam à L’Orient-Le Jour.

Fondateur de Takreem, qui a débuté il y a de longues années un engagement solitaire en faveur des artistes libanais âgés et marginalisés, Ricardo Karam a qualifié la soirée de « rendez-vous culturel, de rencontre placée sous le signe de la tolérance et de la solidarité, portée par de jeunes énergies libanaises qui utilisent leur voix pour se rassembler autour de Dieu et le glorifier ». Il a ajouté : « C’était bien sûr une nuit de musique, mais les valeurs que porte la musique dépassent tout le reste… Et surtout, l’espace offert à ces voix jeunes, belles et puissantes, qui ont donné de leur art et de leur temps, bénévolement, pour assurer la réussite de cette soirée. »

« Combattre la haine et la rancœur par le chant et l’élévation »

Se disant heureux de la qualité des dons recueillis et de la générosité des Libanais, Ricardo Karam a tenu à remercier chacun des contributeurs, et tout particulièrement son ami Maxime Chaya, pour son engagement à ses côtés afin d’encourager la société libanaise à la solidarité. Il a également salué « la grande artiste Jahida Wehbé, à la voix chaleureuse et à l’âme généreuse, qui a porté la soirée non seulement par son chant, mais aussi par sa présence envoûtante, en interprétant Yamma Mweil el-Hawa et Mawtini, à ma demande personnelle, en hommage à la souffrance du peuple palestinien et des habitants de Gaza… Autour d’elle, ces jeunes créateurs qui choisissent de combattre la haine et la rancœur par le chant et l’élévation. »

Jahida Wehbé a pour sa part confié à L’Orient-Le Jour : « Je suis, par nature, profondément attachée aux initiatives sociales et humanitaires, surtout en ces temps difficiles que traverse le Liban après tant de crises et de catastrophes. Lorsque j’ai appris que Ricardo préparait cette soirée, je lui ai dit que je souhaitais aider de tout cœur, car j’ai confiance en lui, en son équipe et en leur professionnalisme. » Elle a ajouté : « En tant qu’artistes, nous avons la responsabilité de nous rassembler et de faire preuve de solidarité pour relever notre pays, notre société et notre patrie. Quelles que soient les épreuves, une initiative comme celle-ci rappelle aujourd’hui que la musique, dans sa noble mission, peut faire la différence sur les plans culturel et humain. » L’artiste a également révélé préparer avec Ricardo Karam une grande surprise musicale en 2026, en hommage à une figure historique majeure du Liban.

Des voix féminines sur la scène du MusicHall, lors du gala annuel de la Fondation Takreem. Photo Nabil Ismaïl
Des voix féminines sur la scène du MusicHall, lors du gala annuel de la Fondation Takreem. Photo Nabil Ismaïl

L’engagement humanitaire n’est pas nouveau pour la fondation Takreem, qui célèbre l’excellence et la créativité arabes. À la suite de l’effondrement économique et de la double explosion au port de Beyrouth en 2020, elle a mis en place un volet humanitaire destiné à soutenir les Libanais, notamment les étudiants poursuivant leurs études à l’étranger, puis à venir en aide à des institutions telles que l’association al-Taakhi, l’hôpital gouvernemental de la Quarantaine, Sesobel et d’autres encore. D’où cette volonté, « à la suite de ce succès, d’investir dans le réseau international de Takreem et dans sa réputation afin de soutenir les personnes marginalisées ».

La soirée ne fut pas seulement un moment de divertissement, mais une réponse à un besoin de rencontre, d’initiative et de don. Le MusicHall a ainsi accueilli un public nombreux, réunissant soutiens des arts, figures culturelles et acteurs de l’action humanitaire, autour d’une conviction partagée : le rôle central des artistes dans la construction de la mémoire collective et de l’identité culturelle. Une fois encore, Shining Stars of Hope a démontré que la coopération entre artistes, institutions et public peut transformer la solidarité en impact tangible et faire du don une source de vie et d’espoir.

L’initiative poursuit enfin son développement à travers une campagne de dons en ligne lancée en collaboration avec META et soumise à l’audit d’Alexandria Trust, garantissant la transparence et la pérennité des mécanismes de soutien. Les aides financières collectées tout au long de l’année seront distribuées dans le respect de la confidentialité, afin de répondre à des besoins essentiels et urgents.

La fondation Takreem a choisi le MusicHall, mercredi soir, pour son gala annuel de levée de fonds. Une soirée de Noël placée sous le signe de la musique et de la solidarité, qui a rappelé, avec une rare justesse, que l’esprit de la fête réside moins dans l’apparat que dans la rencontre, le partage et l’attention portée à l’autre.L’événement a ainsi offert une parenthèse à distance de la consommation et de la marchandisation du religieux, ravivant l’idée d’un vivre-ensemble fondé sur des valeurs humaines essentielles et l’espoir d’une société libanaise plus unie et attentive aux plus fragiles.La soirée s’est déployée comme un voyage musical à l’échelle du monde, prenant racine à Beyrouth et dans l’identité libanaise avant de s’ouvrir sur l’Europe, l’Amérique latine et les...
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