Une voiture calcinée dans la localité de Safad el-Battikh (Nabatiyé), au Liban-Sud, le 14 décembre 2025 après avoir été visée par un drone israélien. Photo obtenue par notre correspondant Mountasser Abdallah
Trois personnes ont été tuées dimanche dans des frappes de drone israéliennes distinctes menées au Liban-Sud, selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir visé trois membres du Hezbollah, impliqués, selon elle, dans des « tentatives de reconstruction d’infrastructures » du parti pro-iranien.
L’armée israélienne a également revendiqué, dans la soirée, avoir tué « environ 40 combattants dans une trentaine de villages différents du sud du Liban depuis le début du mois d’octobre », selon un message publié sur X par le porte-parole arabophone de l’armée de l’État hébreu, Avichay Adraee.
Selon lui, ces morts « s’ajoutent à plus de 380 combattants éliminés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu » le 27 novembre, accusant la milice chiite d’avoir violé cette trêve à plus de 1 900 reprises. Selon les données analysées par L’Orient-Le Jour, Israël a violé l’accord plus de 12 000 fois, tuant 343 personnes, dont 136 civils, entre le 27 novembre 2024 et le 14 novembre 2025.
Zakaria el-Hajj
Peu avant midi dimanche, un premier raid israélien a visé une moto dans la région de Yater–Tayr Harfa, dans le caza de Bint Jbeil, faisant un mort et un blessé, rapporte le ministère libanais de la Santé. Environ une heure plus tard, une voiture a été visée par deux missiles dans la localité de Safad el-Battikh, dans le même caza, près de la mare de Souane. Le conducteur, Ihsan Zeineddine, a été grièvement blessé avant de décéder des suites de ses blessures, précise notre correspondant, un bilan également confirmé par le ministère de la Santé. Peu après 14 heures, une troisième frappe de drone a visé une voiture à Jouaya, dans le caza de Tyr, tuant son conducteur. La victime, Zakaria el-Hajj, membre du conseil municipal du village, a succombé à ses blessures peu après l’attaque, indique notre correspondant.
Dans une autre publication sur X, le porte parole arabophone de l'armée de l'État hebreu, Avichay Adraee, a déclaré que « depuis les premières heures de la matinée, l’armée israélienne a ciblé trois membres du Hezbollah dans différentes zones du Liban-Sud ». Ces individus étaient « impliqués dans des tentatives de reconstruction d’infrastructures du Hezbollah », des opérations, qui, selon lui, constitueraient une « violation » de l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah.
Plus tard, il a également présenté Zakaria el-Hajj comme « un élément important du Hezbollah », l’accusant, sans présenter d’éléments concrets dans sa publication, d’avoir « activé des agents au sein des services de sécurité libanais » et d’avoir également « œuvré à la répression des critiques formulées par des opposants au Hezbollah au Liban ».
D'autres incidents ont également eu lieu au Liban-Sud depuis samedi soir : Dimanche matin, un drone israélien a lancé trois bombes sur deux excavatrices dans un quartier du village de Chebaa (caza de Hasbaya). Vers 9h, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) aurait demandé aux habitants de Chebaa de ne plus utiliser leurs engins de chantier pour aucun type de travaux, à la demande des Israéliens. Une source interrogée au sein de la Finul souligne qu'il « ne semble pas que l'organisation ait adopté une quelconque mesure dans ce sens par le biais de ses mécanismes de liaison au cours de la dernière journée », ajoutant ne pouvoir donner de réponse définitive sans plus de détails.
Le matin également, l’armée israélienne a tiré à la mitrailleuse dans la région de Mazraat Bastara, aux environs du village de Kfarchouba (caza de Hasbaya), depuis le poste de Ramta.
Dans l'après-midi, un drone de l’armée israélienne a largué des bombes explosives sur une maison située dans la région dite de al-Salem, près de « la route de la forêt », à la périphérie sud de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil), rapporte notre correspondant, renouvelant l'attaque un peu plus tard. En soirée, l'artillerie israélienne a lancé plusieurs obus sur les abords de la zone dite du « kilomètre 9 », située entre les localités de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil) et de Blida (caza de Marjeyoun), rapporte notre correspondant au Liban-Sud.
L'armée libanaise fouille une maison à Yanouh
L’armée israélienne a également intensifié, durant la nuit et jusqu’à l’aube, les survols de drones au-dessus de la région de Tyr , notamment au-dessus du village de Yanouh où un différend avait éclaté la veille entre des habitants d’une part et l’armée libanaise et la Finul d’autre part, à la suite de la fouille d’une maison, ainsi qu’au-dessus du village de Khiam, caza de Marjeyoun, et de l’ensemble du caza de Nabatiyé.
Après minuit, la municipalité de Yanouh a publié un communiqué dans lequel elle assure que la maison a été fouillée deux fois, une fois par la Finul et une autre fois par l’armée libanaise, suite à des menaces israéliennes, soulignant « qu’aucune trace d’armes ou de munitions n’y a été trouvée ». La municipalité a précisé que les fouilles avaient été effectuées « avec l’assentiment du propriétaire, qui y réside avec sa famille ». Elle a par ailleurs appelé la Finul et la communauté internationale à « assumer leurs responsabilités en faisant pression sur les Israéliens pour arrêter leurs agressions », tout en rendant hommage « à l’armée libanaise qui agit en toute responsabilité et veille à protéger la population ».
Le commandement de l’armée libanaise a pour sa part confirmé, dans un communiqué dimanche, qu’il « s’est avéré qu’il n’y a ni armes ni munitions à l’intérieur du bâtiment » de Yanouh, qu'elle avait fouillé samedi.
Israël a récemment intensifié ses frappes au Liban-Sud, affirmant cibler le Hezbollah qu'elle accuse de se réarmer en violation de la trêve. Les autorités libanaises accusent régulièrement l’État hébreu de violer le cessez-le-feu en poursuivant ses frappes et en continuant d'occuper cinq points stratégiques dans le sud du territoire. Selon le ministère de la Santé, plus de 330 personnes ont été tuées et 945 blessées depuis le cessez-le-feu.



A menteur menteur et demi. Qui croire ? Le hezbollah se plaint des violations et l’autre répond qu’il cible des terroristes et qu’il est en droit de le faire. Sauf que l’un ment et agît et l’autre ment et subit. Et ce brave naïm qui s’agrippe à ses armes stériles et nous raconte, sans trop y croire, que sa milice est une force pour le Liban. Oui, une force… d’attraction des défaites divines et des malheurs !
08 h 01, le 15 décembre 2025