Le président américain Donald Trump écoute la représentante républicaine de New York, Elise Stefanik, lors d’une cérémonie de signature d’un projet de loi en présence de membres de l’équipe masculine américaine de hockey sur glace des Jeux olympiques de 1980, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington (DC), le 12 décembre 2025. Photo Jim Watson / AFP
Un émissaire de Donald Trump en visite au Bélarus a annoncé samedi la levée des sanctions américaines visant le potassium produit par ce pays d'Europe orientale allié proche de la Russie. « Suivant les instructions du président Trump, nous, les Etats-Unis, allons lever les sanctions sur le potassium », a déclaré John Coale, s'exprimant à la presse depuis Minsk dans une vidéo publiée sur Telegram par le compte Poul Pervogo, affilié à la présidence bélarusse.
Dans un premier temps, l'émissaire n'avait pas donné de détails sur la portée de cette mesure et n'avait pas indiqué ce que les autorités bélarusses avaient concédé en échange. Mais peu après, Minsk a annoncé la libération de 123 personnes, dont des figures de l'opposition. Un responsable américain a ensuite déclaré dans un communiqué à l'AFP qu'un ressortissant américain figurait parmi les personnes libérées.
"Les États-Unis se tiennent prêts à un dialogue supplémentaire avec le Bélarus pour promouvoir les intérêts américains, et poursuivront leurs efforts diplomatiques pour libérer les prisonniers politiques restants au Bélarus », a déclaré ce responsable américain sous couvert de l'anonymat.
Il a également exprimé les remerciements de Washington envers la Lituanie pour avoir « aidé à faciliter la libération des prisonniers ». Le Bélarus est un important producteur de potassium, utilisé notamment dans la fabrication d'engrais.
Mais ce secteur et d'autres de l'économie du pays sont soumis à de lourdes sanctions américaines et européennes du fait des répressions visant au Bélarus l'opposition et du soutien de Minsk à l'invasion russe de l'Ukraine lancée en 2022.
« Difficile médiation »
Ces derniers mois, Donald Trump a encouragé notamment le Bélarus à libérer les centaines de prisonniers politiques que compte le pays et le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis plus de 30 ans, a gracié des dizaines de personnes.
En échange, Washington avait déjà partiellement levé les sanctions contre la compagnie aérienne bélarusse Belavia, lui permettant d'entretenir et d'acheter des pièces pour sa flotte, qui comprend des Boeing. L'émissaire américain John Coale a affirmé samedi que la proximité entre Alexandre Loukachenko et son homologue russe Vladimir Poutine pourrait être utile dans la difficile médiation américaine en cours pour tenter de mettre fin à la guerre entre Kiev et Moscou.
« Votre président (Loukachenko, NDLR) a une longue histoire avec le président Poutine et a la capacité de le conseiller. C'est très utile dans cette situation », a déclaré M. Coale, cité par l'agence de presse étatique bélarusse Belta.
Alexandre Loukachenko, 71 ans, a écrasé plusieurs mouvements de contestation, dont le plus important, en 2020 et 2021, l'avait sérieusement fragilisé » le poussant à appeler à l'aide Vladimir Poutine.
Depuis, Minsk est beaucoup plus dépendant de la Russie, alors qu'auparavant Alexandre Loukachenko avait tâché de trouver un équilibre dans ses relations entre le Kremlin et l'Occident.
Dans son communiqué à l'AFP, le responsable américain s'exprimant de manière anonyme a également souligné le besoin pour Minsk de résoudre ses différends avec la Lituanie, pays membre de l'Otan allié des États-Unis. »« Une amélioration continue des relations entre les États-Unis et le Bélarus nécessitent des actions positives en vue de mettre fin au lâcher de ballons de contrebande depuis le Bélarus qui affecte l'espace aérien lituanien, et de résoudre la confiscation de camions lituanien », a-t-il déclaré.


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