Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir à la mosquée al-Aqsa à Jérusalem le 3 janvier 2023. Photo Minhelet Har-Habait/AFP
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a promis jeudi la destruction de la tombe du militant nationaliste arabe Ezzedine al-Qassam, enterré en Israël et qui a donné son nom à la branche armée du Hamas.
Le ministre, habitué des polémiques, a posté sur X une vidéo le montrant accompagné des forces de sécurité en train de démonter une tente de prière située à côté de la tombe de ce militant d'origine syrienne, ayant combattu en Palestine avant la création d'Israël en 1948.
« La tombe de l'archi-terroriste Ezzedine al-Qassam à Nesher doit être retirée, et hier à l'aube, nous avons fait le premier pas », a légendé Itamar Ben-Gvir, figure de l'extrême droite israélienne. Il avait déjà demandé en août lors d'un débat parlementaire la démolition de la tombe de ce précurseur du nationalisme palestinien, tué lors d'une fusillade avec des soldats britanniques en 1936.
Le Hamas a condamné dans un communiqué une « atteinte sans précédent aux lieux sacrés », et une « tentative d'effacer la mémoire d'une nation ». « L'extrémisme est devenu une politique officielle déclarée, nécessitant une position internationale pour freiner cette barbarie », a commenté Mahmoud Marawi, un dirigeant du Hamas cité dans le communiqué.
La sépulture d'Ezzedine al-Qassam, située près de Haïfa, a fait l'objet de plusieurs dégradations par des extrémistes juifs au cours des décennies passées, lui qui est connu comme étant l'un des pionniers de la lutte armée contre la présence britannique et le mouvement sioniste en Palestine mandataire.
Selon le quotidien israélien de droite Israel Hayom, les forces de sécurité auraient également enlevé des caméras de vidéosurveillance autour de la sépulture, et arrêté une personne responsable des lieux.
Sollicitée par l'AFP, la police a assuré ne pas avoir été impliquée, et renvoyé vers l'autorité en charge des cimetières.
M. Ben Gvir, à la tête du parti Force Juive, est connu pour ses déclarations fracassantes et parfois provocatrices.
Les médias israéliens se sont fait l'écho, plus tôt dans la semaine, de son insigne représentant un nœud coulant de potence, doré, arboré au revers de sa veste à la Knesset, le parlement israélien.
Un communiqué de son bureau a indiqué que cette broche était un symbole du soutien à un projet de peine de mort pour les « terroristes » palestiniens, actuellement étudié par les parlementaires.
Plusieurs députés, notamment le chef de l'opposition Yaïr Lapid, ont condamné le port de cet insigne.


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026