Le ministre de l'Agriculture Nizar Hani en tournée dans plusieurs localités du Liban-Sud, le 9 décembre 2025. Photo tirée du compte X du ministère
En tournée dans plusieurs localités du Liban-Sud, toujours sous le feu israélien malgré la trêve, le ministre de l’Agriculture Nizar Hani a réaffirmé lundi l’engagement de l’État à soutenir cette région, « pilier de la sécurité alimentaire nationale », annonçant une « approche graduelle et globale » destinée à accompagner les agriculteurs.
« L’État demeure fermement engagé à soutenir le Sud, qui représente un pilier essentiel de la production agricole nationale », a déclaré M. Hani, alors que le gouvernement a été à de nombreuses reprises accusé par le tandem chiite de ne pas se préoccuper de cette région. Il a annoncé que son ministère « adoptera une approche graduelle et globale pour soutenir les agriculteurs affectés par les attaques israéliennes, jusqu’à la réhabilitation complète des champs et vergers et la reprise intégrale du cycle de production ».
Accompagné du coordinateur humanitaire des Nations unies au Liban, Imran Riza, le ministre a entamé sa tournée au Sérail de Bint Jbeil, où s’est tenue une réunion élargie en présence des députés Ayoub Hmayed et Achraf Baydoun, et de responsables locaux. Toujours dans le même caza, ils se sont ensuite rendus à Aïtaroun, où ils ont visité une usine de produits laitiers remise en service après sa destruction durant la récente guerre qui a opposé l'armée israélienne au Hezbollah, avant de participer à la plantation de jeunes oliviers dans le cadre d’un projet de distribution de plants aux agriculteurs. La tournée s’est poursuivie dans la localité de Taybé, dans le caza de Marjeyoun, puis à Adaïssé et Kfar Kila, où le ministre a inspecté les oliveraies endommagées et écouté les agriculteurs ainsi que des propriétaires, en vue d’élaborer un plan d’indemnisation et de réhabilitation des vergers.
De nombreux terrains ont été incendiés au Liban-Sud en raison des frappes et de tirs d'obus incendiaires. Des oliveraies ont également été détruites par l'armée israélienne, que ce soit par des bombardements ou lors de son invasion terrestre, à partir de septembre 2024.
Pour Imran Riza, cette visite a « constitué une occasion essentielle d’écouter directement la communauté locale, en particulier les présidents de municipalités et les agriculteurs, au sujet de leurs priorités et de leurs besoins ». Il a réaffirmé « l’engagement de l'ONU envers le Liban et son peuple », insistant sur le fait que « le soutien au secteur agricole est indissociable d'autres piliers essentiels de la stabilité, tels que l'accès, la sécurité et l'éducation ». Tout en réitérant l’appui de l’ONU aux zones affectées, M. Riza a souligné que « ces efforts se poursuivent malgré tous les défis, en coordination complète avec le gouvernement, afin de renforcer la trajectoire de relèvement ».
Entre frappes de drones, incursion terrestres, tirs de mitrailleuses, dynamitage des maisons, les villages frontaliers de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil) et de Houla (caza de Marjeyoun), ou encore Kfar Kila sont quasi quotidiennement visés par des attaques israéliennes, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024. Israël dit viser des infrastructures et combattants du Hezbollah avec ses frappes et refuse de se retirer de ses positions au Liban-Sud tant que le parti chiite n'est pas désarmé.

