Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, prononçant un discours télévisé depuis un lieu non divulgué. Photo AFP
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a estimé vendredi qu’avec la nomination d’un civil au sein du comité de supervision du cessez-le-feu de novembre 2024 (« mécanisme »), l’État libanais a fait une « concession gratuite » à Israël, qui n’a fait qu’accroître la pression. Il a par ailleurs réaffirmé que le Hezbollah refuse de rendre les armes et qu’il est « prêt aux plus grands sacrifices », tout en se montrant ouvert à un diaologue interne autour d'une « stratégie de défense ».
Le président Joseph Aoun a nommé mercredi pour la première fois un civil, Simon Karam, ancien ambassadeur à Washington, pour représenter le Liban aux réunions du « mécanisme ». Un responsable civil israélien y figure également. La démarche est présentée comme constituant les premières discussions directes depuis plusieurs décennies entre les deux pays, toujours officiellement en état de guerre. S’exprimant au cours d’une cérémonie en hommage aux « ulémas martyrs » du Hezbollah, Naïm Kassem a rompu le silence du parti chiite sur cette nomination civile. Il a dénoncé une « initiative qui contredit clairement toutes les déclarations officielles », soulignant que toute implication de civils dans des discussions avec Israël doit être conditionnée à « un arrêt des attaques ». « Vous accordez à Israël des concessions qui ne produisent aucun résultat », a-t-il dénoncé.
« Le fait d’avoir permis à l’État de mettre en œuvre l’accord et de participer avec un représentant civil au sein de la commission de cessez-le-feu est une faute, a-t-il ajouté. Cela ne changera rien à l'attitude de l’ennemi. Le délégué civil s’est rendu à la réunion, ce qui n’a fait qu’accroître la pression. » Et Naïm Kassem de poursuivre : « Nous considérons cette mesure comme une faute supplémentaire venant s’ajouter à celle du 5 août », date à laquelle les autorités ont officialisé leur décision de récupérer le monopole des armes.
Le numéro un du Hezbollah a par ailleurs réitéré son refus de remettre les armes. « Le Liban fait face à une agression israélienne expansionniste et dangereuse, qui doit être affrontée par tous les moyens et toutes les méthodes », a-t-il affirmé. « Nous nous défendrons, nous défendrons notre peuple et notre pays, et nous sommes prêts au sacrifice jusqu’à l’extrême », a-t-il assuré. « Les États-Unis et Israël n’ont rien à voir avec la manière dont nous organisons nos affaires intérieures, ni avec nos différends ou nos décisions au Liban », a-t-il martelé, ajoutant que les « limites auxquelles nous devons nous tenir aujourd’hui, dans toutes nos relations en tant qu’État libanais avec l’ennemi, sont celles de l’accord qui concerne exclusivement le sud du Litani ».
Et Naïm Kassem de dénoncer ceux qui « veulent désarmer, assécher les ressources financières, empêcher les services, fermer les écoles et les hôpitaux », en référence au désarmement du parti chiite. « Ils imposent l’interdiction de la reconstruction et des dons, ils détruisent les maisons », a-t-il dénoncé, avant d’inviter le gouvernement libanais à assumer son devoir, en l’appelant « à protéger la souveraineté, à bâtir l’État et l’économie, et à servir les citoyens ».
Naïm Kassem a néanmoins assuré que son parti soutenait l'approche diplomatique du gouvernement libanais pour mettre fin aux frappes israéliennes dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur il y a un an. Beyrouth a choisi « la diplomatie pour faire cesser l'agression israélienne » et « nous soutenons cette approche », a-t-il souligné.



Compatriotes Chiites, réfléchissez et placez vous du bon coté de l’Histoire, vous faites partie du Liban et non d'un état qui ne se préoccupe que de ses intérêts et qui a perdu toute raison.
06 h 38, le 08 décembre 2025