Drapeau de l'Algérie. Photo d'archives AFP
Le journaliste algérien Saad Bouakba a été condamné jeudi soir à trois ans de prison pour « outrage et diffamation » envers le premier président de l'Algérie, Ahmed Ben Bella, ont rapporté vendredi des médias locaux. Le journaliste a été poursuivi suite à une plainte de la fille de l'ancien président, Mehdia Ben Bella. Il était accusé de publication de fausses informations portant atteinte aux symboles de la nation et de la révolution, selon le parquet de Bir Mourad Rais, près d'Alger. M. Bouakba, qui a été placé en détention provisoire le 27 novembre, a quitté la prison selon l'un de ses proches.
Lors d'une interview diffusée par la chaîne en ligne Vision TV, Saad Bouakba avait évoqué l'affaire dite du « trésor du Front de libération nationale » (FLN), expression qui renvoie aux fonds collectés par le mouvement nationaliste pour soutenir l'effort de guerre durant la lutte pour l'indépendance de l’Algérie. Au cours de cet entretien, le journaliste avait avancé qu'après l'indépendance en 1962, certains dirigeants du FLN — parmi lesquels Ahmed Ben Bella — auraient pris le contrôle d'une partie de ces fonds. Le gérant de Vision TV, Abderrahim Harraoui, a écopé d'un an de prison avec sursis, « outre fermeture définitive de la chaîne et saisie du matériel de diffusion » selon l'agence APS.
Saad Bouakba, 79 ans, est considéré comme l'un des doyens de la presse algérienne. Il a commencé sa carrière dans la presse publique algérienne avant de devenir chroniqueur pour des médias privés comme El Khabar et Echourouk.M. Bouakba a souvent été au centre de polémiques et a déjà été mis en cause pour diffamation. Il avait été condamné en octobre 2023 à six mois de prison ferme.


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