L’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, à Aïn el-Tiné, le 11 septembre 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
L'émissaire spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, va venir en début de semaine prochaine à Beyrouth, selon les informations de L'Orient-Le Jour. Au cours de sa dernière visite en septembre, M. Le Drian s'était entretenu avec les dirigeants libanais et réitéré que la France s'est engagée à organiser deux conférences internationales de soutien au Liban et son armée.
L'information a ensuite été annoncée par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur son compte X. « Les premières discussions depuis 40 ans entre des responsables civils libanais et israéliens se sont tenues hier au sein du mécanisme franco-américain de surveillance du cessez-le-feu. Un pas important pour éviter une nouvelle escalade et faire avancer la paix. Jean-Yves Le Drian sera à Beyrouth lundi pour poursuivre nos efforts », a-t-il écrit.
Cette visite de M. Le Drian interviendra alors que l'armée israélienne, qui accuse le Hezbollah de violer les termes de la trêve de novembre 2024 en se réarmant dans le sud du pays, a multiplié depuis plusieurs semaines les frappes aériennes sur ce qu'elle présente comme des membres ou des infrastructures du mouvement chiite dans le sud du Liban. Mardi, Beyrouth a fait un pas en avant pour éviter une nouvelle guerre : le président Joseph Aoun, après accord avec le chef du législatif et le Premier ministre, a annoncé la nomination de l’ancien ambassadeur Simon Karam à la tête de la délégation représentant le Liban aux réunions du comité de supervision du cessez-le-feu (dit le « mécanisme ») qui, par conséquent, n’est plus purement militaire. Il s’agit des premières discussions directes depuis plus de 40 ans entre les deux pays.
À la mi-novembre, Anne-Claire Legendre, conseillère présidentielle pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, avait effectué une tournée auprès des responsables politiques à Beyrouth. À l'heure où vacille l'accord de cessez-le-feu au Liban-Sud, dont la France est un pays garant, comme les États-Unis, cette tournée visait à rappeler que la France demeure présente et conserve une place privilégiée sur la scène libanaise.

