Des personnes marchent parmi les décombres des bâtiments détruits dans le camp de Nouseirat pour Palestiniens déplacés, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 décembre 2025. Photo Eyad Baba/AFP
Environ 200 à 300 combattants du Hamas piégés dans les zones occupées par Israël à Gaza et bloqués sous terre depuis des semaines auraient réussi à s'échapper en franchissant la « ligne jaune », selon un rapport publié mercredi par le journal émirati The National.
Ce chiffre correspond à celui communiqué ces dernières semaines par le mouvement islamiste et les responsables israéliens concernant le nombre total des miliciens qui auraient été coupés du reste de la branche armée de leur mouvement, incapables de communiquer avec le monde extérieur et peut-être même ignorants du cessez-le-feu. La semaine dernière, le Hamas avait appelé les acteurs internationaux à faire pression sur Israël pour qu'il autorise le retour de ses membres, après qu'Israël eut annoncé avoir tué 20 combattants « tentant de s'échapper » des tunnels.
Des sources informées de la fuite des combattants ont déclaré au National que, dans certains cas, des miliciens locaux soutenus par Israël avaient été soudoyés pour fermer les yeux ou pour guider les combattants qui sortaient de leurs cachettes vers les zones de Gaza contrôlées par le Hamas. D'autres, ont expliqué les sources, ont été libérés à la suite de travaux de réparation sur des tunnels qui s'étaient effondrés sous les bombardements, permettant aux combattants de sortir à Khan Younès, du côté Hamas de la ligne jaune.
Les combattants auraient été répartis dans trois réseaux de tunnels différents à Rafah. « Nous ne savons pas s'il reste encore des combattants vivants à l'intérieur des tunnels », a déclaré l'une des sources. « Mais nous pensons que la grande majorité de ceux qui étaient bloqués sont désormais soit morts à l'intérieur des tunnels, soit libres ».
« Affrontements intenses » à Rafah
Selon les médias israéliens et palestiniens, l'armée israélienne a bombardé Rafah mercredi après-midi, intensifiant ainsi les violations incessantes du cessez-le-feu par Israël depuis son entrée en vigueur il y a deux mois.
Certaines informations font état d'« affrontements intenses » et indiquent que des combattants du Hamas sont sortis de tunnels situés dans des zones occupées par Israël et ont engagé le combat avec des soldats israéliens avant de se replier dans les tunnels.
Plus tard dans la soirée, l'armée israélienne a annoncé que quatre soldats israéliens avaient été blessés, dont un grièvement, lors d'une « opération » menée dans l'est de Rafah, au cours de laquelle, selon elle, ses forces ont rencontré plusieurs combattants qui sont sortis d'une « structure souterraine dans la zone ».
Selon les sources du National, des membres d'élite de la brigade Khan Younès du Hamas figuraient parmi les combattants du Hamas bloqués au-delà de la ligne jaune. Ils étaient à court d'eau, de nourriture et de munitions, mais déterminés à ne jamais se rendre, ont déclaré les sources. Ni le Hamas ni l'armée israélienne n'ont commenté cette information.
Amnistie en échange du désarmement
Début novembre, l'envoyé américain Steve Witkoff a déclaré que la situation de ces dizaines de combattants du Hamas piégés dans les zones contrôlées par Israël pourrait servir de « test » pour les deux parties concernant le cessez-le-feu et aider les médiateurs à faire passer la trêve à sa deuxième phase qui, selon Israël et les États-Unis, devrait inclure le désarmement du Hamas.
« Nous espérons que cela servira de test et pourra être étendu ultérieurement à d'autres zones de Gaza », a déclaré une source américaine au site Axios, également début novembre. C’était avant que l'administration Trump n'entame des pourparlers visant à ouvrir un passage sécurisé pendant 24 heures, un délai au cours duquel les combattants du Hamas se verraient accorder un passage sûr en échange de la remise de leurs armes.
Cependant, Israël est resté fermement opposé à cette mesure et, alors que la première phase du cessez-le-feu touche à sa fin, les progrès vers la deuxième phase semblent toujours au point mort.



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