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Dernières Infos - Msf

Des dizaines de milliers de Gazaouis attendent une évacuation sanitaire


Un camp au milieu des ruines de bâtiments détruits dans le camp de Nuseirat, destiné aux Palestiniens déplacés, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 décembre 2025. Photo Eyad Baba / AFP

Un responsable de Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé un appel à la communauté internationale pour la réception de dizaines de milliers de Gazaouis nécessitant une évacuation sanitaire urgente, avertissant que des centaines de personnes étaient déjà décédées faute d'évacuation.

« Les besoins sont immenses », a souligné mardi à l'AFP Hani Isleem, coordinateur des évacuations médicales depuis Gaza pour l'organisation humanitaire. Selon lui, le nombre de personnes prises en charge par des pays tiers jusqu'à présent ne représente qu'une goutte d'eau. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 8.000 patients ont été évacués de la bande de Gaza depuis le début du conflit consécutif à l'attaque meurtrière du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Mais plus du double, soit plus de 16.500 patients, attendent encore d'être évacués pour être soignés hors du territoire palestinien.

S'exprimant au siège de MSF à Genève après avoir accompagné vers la Suisse un groupe d'enfants de Gaza gravement malades ou blessés, M. Isleem a indiqué que ces chiffres ne prenaient en compte que les patients officiellement inscrits, et que le nombre réel de patients en attente était beaucoup plus élevé. « Nous estimons qu'il est trois à quatre fois supérieur », a-t-il alerté. À ce jour, plus de 30 pays ont accueilli des patients gazaouis, mais seuls quelques-uns, dont l'Égypte et les Émirats arabes unis, les ont réceptionnés en grand nombre. L'Italie a accueilli la plupart des patients en Europe, soit plus de 200, tandis que d'autres comme la France ou l'Allemagne n'en ont encore accueilli aucun.

Evacuations au ralenti

En novembre, la Suisse a accueilli un total de 20 enfants en deux vagues, avec plusieurs dizaines d'accompagnants. Parmi les 13 enfants, âgés de deux mois à 16 ans que M. Isleem a accompagnés la semaine dernière, figuraient quatre bébés atteints de graves malformations cardiaques congénitales, ainsi que des enfants atteints de cancer et d'autres nécessitant une chirurgie orthopédique complexe. Sans cette évacuation, nombre d'entre eux n'auraient pas survécu, a-t-il souligné, précisant que les bébés ont été opérés à leur arrivée en Suisse afin d'éviter des dommages irréversibles.

M. Isleem a déploré que malgré la dégradation de la situation sanitaire à Gaza, le rythme des évacuations médicales reste au ralenti. Au départ, environ 1.500 patients étaient évacués chaque mois en moyenne, mais après la fermeture par Israël du point de passage de Rafah vers l'Égypte en mai 2024, la moyenne mensuelle est tombée à environ 70. Le cessez-le-feu fragile, négocié par les États-Unis et entré en vigueur le 10 octobre, n'a pas semblé débloquer le processus. Et la baisse spectaculaire des refus d'évacuation par Israël non plus. M. Isleem a souligné que ces refus avaient chuté d'environ 90% en moyenne à seulement 5% ces derniers mois.

« Listes de courses »

Au total, seulement 148 évacuations ont été conduites en octobre et 71 le mois dernier. Et en décembre, une trentaine d'évacuations seulement sont pour l'heure prévues, a déploré M. Isleem. Un problème, selon lui, réside dans la lenteur et la politisation fréquente du processus pour les éventuels pays d'accueil. « Les pays mettent beaucoup de temps à se décider ou à allouer le budget nécessaire pour ces patients, mais ils (ne peuvent pas se permettre) d'attendre que ce débat ait lieu ».

En effet, plus que 900 personnes sont déjà décédées en attendant une évacuation sanitaire depuis Gaza depuis octobre 2023 – un chiffre que M. Isleem considère comme sous-estimé. Une autre difficulté concerne selon lui le fait que « 99,9% des pays réclament des enfants ». « Ils ignorent complètement les adultes, qui ont eux aussi besoin de soutien et d'une aide vitale », a-t-il averti, soulignant que les trois quarts des personnes inscrites sur les listes d'attente ont plus de 18 ans.

Les gouvernements imposent également une longue liste d'autres critères, notamment le refus des patients accompagnés de membres de leur famille, et en particulier ceux ayant des frères de plus de 18 ans. Face à ces résistances, M. Isleem a exhorté les pays à « cesser de faire ces sélections sous forme de liste de courses « et à « se concentrer uniquement sur les besoins et le sauvetage des vies humaines ».

Un responsable de Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé un appel à la communauté internationale pour la réception de dizaines de milliers de Gazaouis nécessitant une évacuation sanitaire urgente, avertissant que des centaines de personnes étaient déjà décédées faute d'évacuation.« Les besoins sont immenses », a souligné mardi à l'AFP Hani Isleem, coordinateur des évacuations médicales depuis Gaza pour l'organisation humanitaire. Selon lui, le nombre de personnes prises en charge par des pays tiers jusqu'à présent ne représente qu'une goutte d'eau. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 8.000 patients ont été évacués de la bande de Gaza depuis le début du conflit consécutif à l'attaque meurtrière du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Mais plus du...