Un réseau de tunnels et un important arsenal, découverts le 7 août 2025 par des soldats français de la FINUL. Photo tirée du compte officiel X de l'état-major de l'armée française
L'armée libanaise a emmené vendredi des journalistes, dont l'AFP, dans un tunnel abandonné par le Hezbollah dans le sud du pays, où elle assure empêcher l'entrée d'armes, alors qu'Israël accuse la formation pro-iranienne de se réarmer.
C'est la première fois que l'armée libanaise permet aux journalistes de l'accompagner dans ses opérations depuis la fin de la guerre entre le Hezbollah et Israël il y a un an.
Conformément à l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre, les militaires doivent démanteler l'infrastructure militaire du Hezbollah entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
Les journalistes ont pu pénétrer dans ce large tunnel creusé dans la roche au fond d'une vallée à Zebqine. Long d'une centaine de mètres et comptant plusieurs pièces, il semblait servir de poste de commandement.
A l'intérieur, étaient visibles des équipements de premiers secours, une cuisine, des vestes militaires, des boîtes de conserve et des bouteilles d'eau minérale.
Le tunnel dispose d'une alimentation en électricité, d'éclairage, et de bouches d'aération.
L'armée, qui a découvert plusieurs tunnels dans le sud après la fin de la guerre, dit avoir confisqué les armes qui s'y trouvaient.
Lors d'un briefing, le général Nicolas Tabet, commandant du secteur du sud du Litani, a assuré que l'armée empêchait l'entrée d'armes dans ce secteur depuis le cessez-le-feu.
« Depuis un an, il n'y a aucune preuve de l'entrée d'armes dans la zone (...) après le déploiement de l'armée », a-t-il affirmé, réfutant « les allégations » en ce sens, en référence à Israël.
En un an, l'armée affirme avoir saisi lors d'opérations de fouille et inspection dans le sud environ 230.000 pièces comprenant armes, munitions, lance-roquettes et missiles.
« Une partie des armes et munitions saisies est stockée dans des dépôts sécurisés pour être détruite ultérieurement », a expliqué un porte-parole militaire qui a requis l'anonymat.
Les pièces « encore utilisables » seront, elles, « après les démarches légales nécessaires, intégrées à l'équipement de l'armée libanaise ».
L'armée, qui a déployé quelque 10.000 militaires dans le sud, a soumis un plan au gouvernement, dans lequel elle s'engage à démanteler l'infrastructure militaire du Hezbollah au sud du Litani d'ici le 31 décembre.
Israël pour sa part accuse le Hezbollah de reconstruire ses capacités militaires dans la zone frontalière et le vise régulièrement par des frappes malgré la trêve.
Dimanche, il a tué le chef militaire du mouvement chiite dans une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth.
L'armée israélienne continue en outre d'occuper cinq points en territoire libanais, dont elle aurait dû se retirer entièrement en vertu de l'accord de cessez-le-feu.


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