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Dernières Infos - Tunisie

Kais Saied dénonce comme une « ingérence flagrante » une résolution du Parlement européen


Le président tunisien Kais Saied. AFP

Le président tunisien Kais Saied a qualifié vendredi d' »ingérence flagrante » dans les affaires intérieures du pays une résolution adoptée la veille par le Parlement européen appelant « à la libération » de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leur liberté d'expression. En recevant son chef de la diplomatie, Mohamed Ali Nafti, M. Saied lui a demandé de protester auprès des Européens qui « peuvent apprendre des leçons de notre part dans le domaine des droits et libertés », selon un communiqué de la présidence tunisienne.

Il a rappelé avoir déjà convoqué mardi l'ambassadeur européen à Tunis, Giuseppe Perrone pour « non respect des règles du travail diplomatique », au lendemain d'une rencontre entre ce diplomate et le chef du puissant syndicat UGTT, co-lauréat du Prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle dans le processus démocratique tunisien après la révolution de 2011.

Le Parlement européen a voté jeudi une résolution appelant à libérer « toutes les personnes détenues pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression, y compris les prisonniers politiques et les défenseurs des droits humains », selon le site du PE.

Dans leur résolution, les députés européens ont aussi exhorté la Tunisie « à sauvegarder et protéger la liberté de réunion et d'expression ainsi que l'indépendance du pouvoir judiciaire ».

Dans un verdict en appel, une quarantaine de figures de l'opposition dont une majorité emprisonnés depuis le printemps 2023, ont été condamnées vendredi à des peines allant jusqu'à 45 ans de prison, certains accusés recevant un alourdissement et d'autres un allègement de leurs condamnations initiales, dans un procès dénoncé comme ayant « des motivations politiques » et se basant sur « des accusations infondées » par des ONG et l'ONU.

Dans sa résolution, le Parlement européen a nommément cité Sonia Dahmani, une avocate et chroniqueuse connue, appelant à sa libération « immédiate et inconditionnelle ».


« usages diplomatiques »

Mme Dahmani est sortie de prison jeudi après-midi, après le vote de la résolution et à l'issue de 18 mois de détention après avoir bénéficié d'une libération conditionnelle, mais elle reste poursuivie dans plusieurs affaires en vertu d'un décret sur les fausses informations, très critiqué par les défenseurs des droits.

Les députés européens ont réclamé l'abrogation de ce décret et Mme Dahmani a demandé sa révision dans une interview accordée à l'AFP après sa sortie de prison.

Dans la vidéo diffusée par la présidence tunisienne, M. Saied a aussi demandé à son chef de la diplomatie de « protester fermement auprès d'une représentante d'un pays étranger accrédité en Tunisie », qu'il a accusée d'ingérence.

« Quiconque manque de respect à notre pays ou ignore les règles de conduite internationale doit comprendre que nous n'accepterons pas cela », a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé peu après avoir convoqué l'ambassadrice des Pays-Bas Josephine Frantzen pour protester contre un manquement « aux usages diplomatiques », l'appelant à « ne pas interférer dans les affaires intérieures » tunisiennes, sans donner de précisions sur les faits reprochés.

Depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021 par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs, les ONG tunisiennes et étrangères ont déploré un recul des droits et libertés dans le pays berceau du Printemps arabe en 2011.

Des dizaines d'opposants, avocats, journalistes, humanitaires, sont détenus pour des accusations de complot ou en vertu du décret 54.

Dans leur résolution, les députés européens ont « condamné l'escalade des détentions arbitraires, des persécutions motivées par des considérations politiques et des restrictions des libertés ».

Ils ont exhorté « les institutions » européennes à transmettre à la Tunisie « leurs préoccupations quant à la détérioration de la situation des droits humains » et à « poursuivre leurs efforts diplomatiques pour obtenir la libération des détenus politiques ».

Le président tunisien Kais Saied a qualifié vendredi d' »ingérence flagrante » dans les affaires intérieures du pays une résolution adoptée la veille par le Parlement européen appelant « à la libération » de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leur liberté d'expression. En recevant son chef de la diplomatie, Mohamed Ali Nafti, M. Saied lui a demandé de protester auprès des Européens qui « peuvent apprendre des leçons de notre part dans le domaine des droits et libertés », selon un communiqué de la présidence tunisienne.Il a rappelé avoir déjà convoqué mardi l'ambassadeur européen à Tunis, Giuseppe Perrone pour « non respect des règles du travail diplomatique », au lendemain d'une rencontre entre ce diplomate et le chef du puissant syndicat UGTT, co-lauréat du Prix Nobel de la...