Les grues géantes qui hérissent le terminal conteneur du port de Beyrouth. Photo d'archives Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a souligné vendredi que les cent premiers jours seront décisifs pour élaborer un plan clair pour l’avenir du port de Beyrouth. Il a tenu ces propos au cours de la cérémonie de prise de fonction de la nouvelle direction du port, conformément à la décision du Conseil des ministres du 6 janvier. Marwan el-Nafi a pris la direction du port, succédant à Omar Itani, en poste depuis 2021, soit un an après la double explosion du 4 août 2020, qui avait dévasté une partie de la capitale et fait plus de 220 morts.
« Je tiendrai une réunion avec le président et les membres du nouveau conseil pour définir les prochaines étapes, et les cent premiers jours seront décisifs pour élaborer un plan clair pour l’avenir du port », a déclaré M. Rassamny. Il a également annoncé qu’« une réunion pour la réception des nouveaux scanners se tiendra le 20 novembre », précisant que « l’État perd chaque jour au moins un million de dollars en raison de la mauvaise gestion, de l’ancienneté des équipements et des opérations de contrebande ».
54e place mondiale
Le ministre a par ailleurs remercié les employés du port, affirmant que son expérience dans le secteur public lui a permis de constater « combien ce secteur regorge de compétences qui ont simplement besoin de soutien et d’un revenu juste à la hauteur de leur travail et de leurs performances ». Selon lui, « les revenus du port pourraient être multipliés par quatre dans les cinq prochaines années si nous nous engageons dans la voie de la réforme et du travail productif ». Il a enfin précisé que « aucune décision concernant les silos ne sera prise sans une concertation totale avec les familles des victimes », les installations ayant été partiellement détruites le 4 août 2020.
De son côté, le nouveau directeur du port a assuré que les propos du ministre étaient « en totale harmonie avec le discours d’investiture du président de la République et la déclaration ministérielle du gouvernement qui constituera la boussole du travail du conseil d’administration ».
Omar Itani, quant à lui, a rappelé qu’il avait pris ses fonctions en 2021 alors que le port était un « corps inerte ». Il a expliqué que ses efforts s’étaient concentrés « sur la continuité et le maintien d’un niveau minimal de capacités opérationnelles, qui avaient retrouvé environ 70 % trois jours seulement après l’explosion, malgré les difficultés financières et l’impossibilité d’acheter des pièces de rechange ». Selon lui, les revenus du port sont passés d’environ 10 millions de dollars en espèces en 2021 à 150 millions de dollars en 2024. Il a souligné que « l’attribution de la station de conteneurs a permis au port de passer de la 700ᵉ place mondiale en 2020 à la 54ᵉ place en 2024 ».
La gestion des terminaux à conteneurs dans les deux ports est assurée par le groupe français CMA CGM, depuis 2021 à Tripoli et depuis 2022 à Beyrouth. Près de 100 000 conteneurs standard (EVP) sont passés par le port de Beyrouth en juillet, ce qui avait marqué un nouveau record depuis 2019, dernière année où le port a tourné à plein régime, avant que la crise économique puis l'explosion du 4 août 2020 n'affectent son activité.


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