Une femme passe devant la porte fermée d'une banque alors que les employés bancaires entament une grève de deux jours pour réclamer des augmentations salariales, à Tunis, en Tunisie, le 3 novembre 2025. Phoro REUTERS/ Jihed Abidellaoui
La cour d'appel de Paris a rendu mercredi un avis défavorable à l'extradition vers la Tunisie de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-dictateur Ben Ali.
La cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud) avait déjà rendu un avis similaire en 2021.
« La justice française ne fait qu'appliquer le droit et entérine les dysfonctionnements systémiques de la justice tunisienne : la Tunisie n'est pas un Etat de droit », a commenté pour l'AFP mercredi l'avocat de M. Trabelsi, Me Marcel Ceccaldi.
Lors de la révolution de 2011 qui a provoqué la chute de Zine el Abidine Ben Ali, Belhassen Trabelsi, 63 ans aujourd'hui, avait fui le pays pour s'installer au Canada qu'il avait quitté en 2016 après le refus d'Ottawa de lui octroyer l'asile politique.
Interpellé en mars 2019 en France, il y a été inculpé pour « blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs ».
La Tunisie le réclame pour cinq affaires qui ont déjà valu à M. Trabelsi d'être condamné par défaut à plusieurs années de prison pour des infractions économiques et financières.
Belhassen Trabelsi avait déposé un dossier en 2016 auprès de l'organisme de justice transitionnelle tunisien, l'Instance vérité et dignité (IVD), afin d'obtenir une réconciliation en contrepartie d'un remboursement de fonds détournés.
Il avait proposé un milliard de dinars (350 millions d'euros), selon l'IVD, mais l'arbitrage n'a pas abouti.
Le clan du dictateur Zine el Abidine Ben Ali s'était accaparé des pans entiers de l'économie tunisienne, captant notamment 21% des bénéfices du secteur privé tunisien en 2010, selon la Banque mondiale.


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