Le Premier ministre Nawaf Salam recevant, le lundi 10 novembre 2025, une délégation américaine formée de John Hurley, Sebastian Gorka, et Rudolph Atallah. Photo ANI
Une délégation américaine composée de responsables des sanctions et de la lutte contre le terrorisme, venue au Liban discuter des moyens d'assécher les sources de financement du Hezbollah, a été reçue lundi par le Premier ministre Nawaf Salam au Grand sérail, après avoir rencontré le chef de l'Etat Joseph Aoun la veille à Baabda.
Selon un responsable libanais interrogé par l’AFP, la délégation, dirigée par Sebastian Gorka, le chef de la lutte antiterroriste à la Maison Blanche, a délivré un message « ferme et clair » aux autorités, leur demandant de lutter activement contre le blanchiment d'argent. Ce responsable, qui a requis l’anonymat, a ajouté que les responsables américains ont demandé aux Libanais « des actions concrètes avant la fin de l’année ». Plus spécifiquement, la délégation a exigé de l’Etat qu'il « lutte contre le blanchiment d'argent, la +cash economy+ (transactions en liquide, NDLR) et qu'il ferme al-Qard al-Hassan », a précisé ce responsable. Cette société financière liée au Hezbollah pro-iranien et sanctionnée par les Etats-Unis accorde des prêts en dollars contre des dépôts en or.
Selon le Trésor américain, « les Gardiens de la révolution (l'armée idéologique du régime iranien, NDLR) ont transféré depuis janvier 2025 plus d'un milliard de dollars au Hezbollah, notamment via des bureaux de change ».
Un des responsables américains membres de la délégation, John Hurley, secrétaire adjoint au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, avait affirmé dans un entretien à l'agence Reuters dimanche, depuis Istanbul, que les États-Unis cherchent à tirer parti du « moment propice » au Liban pour réduire le financement iranien du Hezbollah et faire pression sur le groupe afin qu'il remette ses armes.
« Mettre fin à l'influence néfaste de l'Iran »
Lundi, il est revenu à la charge. « Nous pensons que la clé pour que le peuple libanais récupère son pays est de mettre fin à l'influence néfaste de l'Iran via le Hezbollah », a-t-il déclaré à trois journalistes, dont L'OLJ. « Nous voulons voir davantage de progrès. Il y a eu des succès, comme l’interception de cash et d’or à l’aéroport. Nous aimerions que ces efforts s’étendent aux ports et à toutes les frontières », a-t-il poursuivi. Selon lui, l'administration américaine est « très sérieuse » dans sa détermination « à couper le financement de l'Iran » au Hezbollah. Et de souligner qu'« il existe un consensus, à Washington et dans la région, pour que l’armée libanaise ait le monopole de la force ».
« Nous avons dit clairement au président, au Premier ministre et aux hauts responsables qu’il existait une fenêtre d’opportunité d’ici aux élections législatives (en mai) : ce serait une tragédie que le pays ne la saisisse pas pour permettre au peuple libanais de reprendre le contrôle de son destin », a encore déclaré M. Hurley. Et d'insister : « Qu’il n’y ait aucun doute sur le sentiment d’urgence que nous ressentons : il faut saisir cette opportunité. Nous aimerions voir des avancées concrètes au cours des deux prochains mois. Mais, pour moi, l’échéance réelle se situe entre maintenant et les élections. Nous souhaiterions voir des progrès sur la loi électorale, ainsi que sur certaines lois financières ».
Salam renouvelle l'engagement de son gouvernement
Au cours de leur entretien, le Premier ministre a assuré à la délégation que « le gouvernement reste engagé dans la voie des réformes, de la reconstruction des institutions d’Etat et de la restauration de sa souveraineté sur tout le territoire ». Il fait référence aux réformes en cours, mais également aux décisions du gouvernement en faveur du monopole des armes aux mains de l’Etat, et donc du désarmement des milices, dont le Hezbollah.
La discussion a porté sur les progrès dans la surveillance des frontières et l’organisation du flux de gens et de marchandises. M. Salam a également exposé les efforts du gouvernement dans la lutte contre le blanchiment d’argent, par un renforcement de la transparence et l’application des lois sur le contrôle du secteur financier, en vue de restaurer la confiance et la conformité aux normes internationales. Les échanges ont par ailleurs abordé le déploiement de l’armée libanaise au Liban-Sud et dans les autres régions en vue d’y instaurer la stabilité et l’autorité de l’Etat, ainsi que le renforcement du contrôle étatique sur les ports et à l’aéroport.
La délégation a également été reçue par le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar. Celui-ci a déclaré à l’issue de l’entretien que « le Liban s’est engagé à étendre son autorité sur l’ensemble du territoire, et à lutter contre le blanchiment d’argent et en faveur du renforcement de la transparence, de l’application des lois et de la conformité aux normes internationales ». Il a plaidé pour un soutien accru à l’armée et aux forces de l’ordre.
Aoun et « la vision de Trump »
Dimanche, le président Joseph Aoun avait assuré à la délégation américaine que son pays appliquait « scrupuleusement » des mesures pour prévenir le blanchiment d'argent et le « financement du terrorisme ». Concernant la situation au Liban-Sud, où l'armée libanaise a entamé le démantèlement des infrastructures du Hezbollah, le président Aoun avait appelé, comme il le fait devant tous ses visiteurs internationaux, à « faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses agressions continues contre le Liban » et pour l'obliger à respecter l'accord de trêve. Il a en outre martelé que des négociations avec Israël, qu'il réclame depuis près d'un mois, « reposent sur la conviction que la guerre n’a jamais conduit à aucun résultat », tout en soulignant qu'il faut pour cela des « conditions favorables », comme le calme dans le Sud et la fin des attaques israéliennes.
Sur X, M. Gorka a estimé lundi que le président Aoun était « aujourd'hui en position de contribuer à réaliser la vision du président Donald Trump pour la paix au Moyen-Orient, dans le cadre de nouveaux et plus larges accords d'Abraham ». Les accords d'Abraham sont un processus qui en 2020 avait vu plusieurs pays arabes normaliser leurs relations avec Israël.
Washington cherche à assécher les sources de financement du Hezbollah, tout en continuant à exercer des pressions sur les autorités libanaises pour qu'elles désarment ce mouvement et s'engagent dans des négociations directes avec Tel-Aviv. Jeudi, les Etats-Unis ont imposé des sanctions à des membres du Hezbollah accusés d'avoir facilité le transfert de fonds depuis l'Iran, via des bureaux de change, utilisés par le groupe pour reconstruire son infrastructure militaire selon eux.



Les politiciens avec la complicité des banquiers ont réalisé le casse du siècle à hauteur de dizaines de milliards, et ils viennent nous dire qu’ils sont incapables d’assécher les comptes de cette organisation terroriste qui sévit depuis des décennies. Cherchez les coupables. Il y en a qui ont un intérêt personnel à ce que cela n’arrive jamais. Il faut les trouver et les sanctionner de la plus manière la plus sévère afin qu’ils servent d’exemple. Ils sont sous votre nez.
12 h 22, le 12 novembre 2025