Des manifestants, parmi lesquels des défenseurs des droits humains, scandent des slogans devant la prison de Billi, dans la région de Nabeul, le 7 novembre 2025, pour réclamer la libération de l’opposant tunisien emprisonné Jawhar Ben Mbarek. Photo Fethi BELAID / AFP
Des figures de l'opposition tunisienne, notamment Rached Ghannouchi, ont annoncé vendredi leur intention d'entamer une grève de la faim en solidarité avec un homme politique emprisonné, dont l'état de santé se serait gravement détérioré après neuf jours de jeûne.
Jawhar Ben Mbarek, cofondateur du Front de salut national, principale alliance d'opposition tunisienne, a entamé une grève de la faim la semaine dernière pour protester contre sa détention depuis février 2023. En avril, il a été condamné à 18 ans de prison pour « complot contre la sûreté de l'Etat » et « appartenance à un groupe terroriste » lors d'un procès collectif critiqué par les organisations de défense des droits humains.
Des membres de la famille de Ben Mbarek et des dirigeants des partis d'opposition Ennahdha et Al Joumhouri ont fait savoir qu'ils se joindraient à la grève. « Jawhar est dans un état préoccupant, sa santé se détériore », a déclaré Ezzeddine Hazgui, son père, lors d'une conférence de presse à Tunis. M. Hazgui a déclaré que « la famille entamera(it) une grève de la faim à partir de demain », sans préciser quels membres de la famille y participeraient.
De nombreux opposants au président Kais Saied, au pouvoir depuis juillet 2021, sont actuellement emprisonnés. Rached Ghannouchi, 84 ans, chef du parti islamiste Ennahdha, qui purge également de lourdes peines de prison, a déclaré avoir rejoint la grève de la faim vendredi, selon un message publié sur son compte Facebook. Des proches et une délégation de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) ont rendu visite à M. Ben Mbarek dans la prison de Belli, où il est détenu au sud-est de Tunis. Ils ont fait état d'une « grave détérioration de son état ».
La LTDH a déclaré que de « nombreuses tentatives » avaient été faites pour persuader Ben Mbarek de suspendre sa grève de la faim, mais « il a refusé et a déclaré qu'il était déterminé à la poursuivre jusqu'à ce que l'injustice dont il est victime soit levée ». Mercredi, les autorités pénitentiaires ont démenti dans un communiqué que la santé d'un quelconque prisonnier se soit détériorée à cause d'une grève de la faim, sans nommer M. Ben Mbarek.


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