Des réfugiés syriens rentrant en Syrie via le poste-frontière de Arida, au Liban-Nord, en octobre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a plaidé lundi pour le rapatriement de Syriens réfugiés jusqu'ici dans son pays, allant au besoin jusqu'à l'expulsion, au motif que la « guerre civile était terminée en Syrie ».
Jeudi, son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul s'était montré plus réservé lors d'une visite à Damas, affirmant que le retour de Syriens dans leur pays n'était « possible que dans une mesure très limitée car une grande partie des infrastructures de ce pays a été détruite », après 13 années de guerre civile.
Ses réserves avaient été fustigées par un grand nombre de membres du parti conservateur, auquel Merz et Wadephul appartiennent.
« Il n'y a désormais plus aucune raison de demander l'asile en Allemagne », a dit Friedrich Merz, lors d'un déplacement à Husum, dans le nord de l'Allemagne, estimant que l'on pouvait par conséquent entamer des rapatriements vers ce pays.
Il a dit avoir « invité en Allemagne le président intérimaire syrien Ahmad al-Chareh pour discuter avec lui de la manière dont nous pouvons résoudre cela ensemble ».
« Ce pays a maintenant besoin de toutes ses forces, et surtout des Syriens, pour sa reconstruction. Et c'est pourquoi il y aura certainement beaucoup de personnes qui retourneront d'elles-mêmes dans leur pays », a-t-il affirmé.
Il a ensuite ajouté : « Ceux qui refusent de rentrer dans leur pays, nous pouvons bien sûr les expulser ». Début juillet, le ministère allemand de l'Intérieur avait indiqué travailler à l'expulsion de délinquants et criminels syriens.
Environ un million de Syriens vivent en Allemagne, la plupart arrivés lors du grand épisode migratoire de 2015-2016.
Mais après la chute du président Bachar el-Assad en décembre 2024, plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, avaient annoncé un gel des procédures de demandes d'asile dans un contexte de forte progression électorale des partis d'extrême droite après différentes attaques commises par des étrangers dans le pays.


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