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Dernières Infos - Conflit

Pakistan-Afghanistan : vers une reprise des négociations


Des réfugiés afghans et leurs biens attendent leur expulsion vers l'Afghanistan à bord de camions près de la frontière pakistano-afghane à Chaman, le 29 octobre 2025. Photo AFP/ABDUL BASIT

Après plusieurs jours de discussions ayant abouti à un échec, l'Afghanistan et le Pakistan devraient relancer leurs efforts en vue d'instaurer une trêve durable à leur frontière, a déclaré jeudi à l'AFP une source sécuritaire pakistanaise.

Islamabad avait annoncé mercredi l'échec des négociations qui ont débuté samedi à Istanbul sous médiation qatarie et turque, en imputant la responsabilité au gouvernement taliban.

« Un nouveau cycle de pourparlers entre l'Afghanistan et le Pakistan va probablement avoir lieu à Istanbul », a dit à l'AFP une source sécuritaire pakistanaise, sous le couvert de l'anonymat, sans préciser quand.

Le média d'Etat pakistanais PTV a affirmé qu'Islamabad avait accepté de reprendre les négociations « à la demande des pays hôtes » pour « donner une nouvelle chance à la paix et rétablir un climat de confiance dans la région ».

Confirmant la reprise imminente des discussions, qui interviennent après des affrontements d'une ampleur inédite ayant fait des dizaines de morts, le média afghan RTA a annoncé qu'elles avaient été interrompues mercredi « en raison des exigences déraisonnables de la partie pakistanaise ».

Le Pakistan, qui est confronté à une résurgence d'attaques contre ses forces de sécurité, attend des « mesures crédibles et décisives » de son voisin afghan pour garantir qu'il n'abritera plus sur son sol des groupes « terroristes » antipakistanais, à commencer par les talibans pakistanais (TTP), au coeur du différend.

Kaboul dément aider ces combattants et renvoie l'accusation au Pakistan, assurant qu'il soutient aussi des groupes « terroristes », en particulier la branche régionale du groupe jihadiste Etat islamique (EI).



- « Priorités » -


Mercredi, le ministre pakistanais de l'Information Attaullah Tarar avait regretté que les négociations « aient échoué sans permettre de trouver une solution viable », butant sur la question du « terrorisme transfrontalier ».

« Le Pakistan participera à ces nouveaux pourparlers en toute bonne foi, mais sans compromettre sa position fondamentale en matière de sécurité nationale : le terrorisme émanant du sol afghan ne sera toléré en aucune circonstance », a précisé jeudi la source sécuritaire pakistanaise préalablement citée.

Sollicité par l'AFP, le gouvernement taliban n'a pas fait de commentaires mais des sources officielles afghanes ont fait savoir, sous le couvert de l'anonymat, que la délégation de l'Afghanistan allait rester « un peu plus longtemps » en Turquie, à la demande de cette dernière.

Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas confirmé cela.

En cas de nouvel échec de leurs négociations, Islamabad et Kaboul ont mis en garde contre une reprise des hostilités.

Le Pakistan, puissance nucléaire, « n'a besoin d'utiliser ne serait-ce qu'une fraction de son arsenal pour anéantir complètement le pouvoir taliban et le renvoyer se cacher dans ses grottes », a lancé mercredi le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif.

« Nous sommes musulmans, frères, voisins mais certains (au Pakistan), consciemment ou inconsciemment, jouent avec le feu et la guerre », a lâché jeudi le ministre taliban de l'Intérieur, Sirajuddin Haqqani.

Affirmant que les Afghans « ne veulent pas la guerre », il a toutefois rappelé que, pour son pays, « défendre le territoire » national « est l'une des priorités ».


- « Retrouver la fraternité » -


D'une ampleur rare, la confrontation avait débuté il y a deux semaines avec des explosions à Kaboul imputées au Pakistan, suivies d'une offensive déclenchée par le gouvernement taliban à la frontière.

Un premier cessez-le-feu avait été obtenu au Qatar mais ses contours flous devaient être précisés en Turquie.

« Que Dieu fasse en sorte que les négociations aboutissent, afin que l'on retrouve la paix et la fraternité et que le commerce reprenne », a commenté l'AFP Ehsanullah, 26 ans, un habitant de Chaman, du côté pakistanais de la frontière.

« Si une guerre éclatait, elle pourrait se transformer en un conflit qui durerait plusieurs générations, ça serait un vrai problème », a estimé du côté afghan Azizullah, un commerçant de 50 ans à Kandahar, le fief des talibans.

La frontière est fermée depuis deux semaines et de nombreux camions de marchandises y sont bloqués.

Après plusieurs jours de discussions ayant abouti à un échec, l'Afghanistan et le Pakistan devraient relancer leurs efforts en vue d'instaurer une trêve durable à leur frontière, a déclaré jeudi à l'AFP une source sécuritaire pakistanaise.Islamabad avait annoncé mercredi l'échec des négociations qui ont débuté samedi à Istanbul sous médiation qatarie et turque, en imputant la responsabilité au gouvernement taliban.« Un nouveau cycle de pourparlers entre l'Afghanistan et le Pakistan va probablement avoir lieu à Istanbul », a dit à l'AFP une source sécuritaire pakistanaise, sous le couvert de l'anonymat, sans préciser quand.Le média d'Etat pakistanais PTV a affirmé qu'Islamabad avait accepté de reprendre les négociations « à la demande des pays hôtes » pour « donner une...