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Drogues, frontières et terrorisme : une délégation sécuritaire syrienne à Beyrouth


Drogues, frontières et terrorisme : une délégation sécuritaire syrienne à Beyrouth

Le ministre libanais de l'Intérieur, Ahmad Hajjar préside une réunion avec une délégation syrienne à Beyrouth, le 29 octobre 2025. Photo ANI

Une délégation syrienne, conduite par le général Abdel Kader Tahan, adjoint du ministre syrien de l'Intérieur, a rencontré mercredi à Beyrouth le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, ainsi que le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Raëd Abdallah, et le directeur général de la Sûreté générale, le général Hassan Choucair. Selon M. Hajjar, l’objectif de ces échanges était de « discuter de dossiers communs tels que la lutte contre la drogue, les crimes de droit commun, la gestion des frontières et des passeports, ainsi que la lutte contre le terrorisme ».

Le ministre a précisé que la rencontre avait eu lieu à la demande de la délégation syrienne afin de « réaffirmer la profondeur des relations libano-syriennes », dans la continuité des récentes visites bilatérales, notamment les rencontres entre le président libanais Joseph Aoun et son homologue syrien Ahmad el-Chareh, la visite à Damas du Premier ministre Nawaf Salam, et celle du ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaïbani à Beyrouth.

« À la suite de ces échanges, et après la réorganisation des services de sécurité syriens, il a été décidé d’intensifier la coopération et les visites réciproques entre les deux ministères de la Justice, notamment pour examiner le dossier des détenus syriens au Liban », a ajouté M. Hajjar. Il a souligné que le Liban « travaille sur le dossier des détenus libanais afin d’accélérer les procès et le traitement de leurs dossiers », soulignant que la délégation syrienne avait présenté « des mécanismes de coordination directe destinés à renforcer la protection des deux sociétés contre toutes sortes de crimes ».

Concernant la lutte contre le trafic de drogue, le ministre a indiqué que « les bases d’une coordination directe ont été posées », rappelant que « la Syrie et le Liban sont étroitement liés face à ce type de criminalité ». Il a conclu en espérant que cette visite « marquera le début d’une nouvelle phase de coopération et de coordination directe », soulignant que « la sécurité et la stabilité du Liban se reflètent sur la Syrie, et inversement ».

Avant la réunion au ministère, une réunion de coordination sécuritaire a eu lieu à l’hôtel Hilton Habtoor à Sin el-Fil, en présence, côté libanais, des généraux Hassan Choucair et Raëd Abdallah, ainsi que du conseiller du président Aoun pour les affaires sécuritaires, le colonel Tony Mansour.

« Les peuples libanais et syrien sont liés par des liens historiques et familiaux, a déclaré le général Choucair au début de la réunion. Sur instruction du président de la République, nous discutons aujourd’hui de plusieurs dossiers concernant la Sûreté générale, les Forces de sécurité intérieure et le ministère syrien de l’Intérieur, afin de coordonner nos efforts dans des domaines variés, notamment la lutte contre le terrorisme et la drogue, l’immigration et la gestion de l’information ». « À l’issue de ces échanges, nous aurons une feuille de route pour la coopération institutionnelle entre nos deux pays afin de préserver la sécurité de chacun », a-t-il ajouté. Pour sa part, le général Abdallah souhaité la bienvenue à la délégation syrienne et réaffirmé « la disposition à coopérer dans tous les domaines contribuant à la sécurité des deux pays ».

De son côté, le général Tahan a précisé que « cette coopération vise à approfondir les compétences techniques et opérationnelles, car tout problème sécuritaire dans l’un des pays peut affecter l’autre ». « Nous sommes venus avec une délégation spécialisée pour renforcer la coordination dans l’intérêt des deux pays frères », a-t-il poursuivi.

Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre du réchauffement des relations entre Beyrouth et Damas. En août, le président Chareh avait appelé à établir des « relations d’État à État avec le Liban », estimant qu’il ne pouvait y avoir de «malédiction géographique» entre les deux pays.

Un mois plus tard, le président Aoun s’était entretenu avec son homologue syrien à Doha, en marge du sommet arabo-islamique. Début octobre, la visite au Liban du ministre syrien des Affaires étrangères avait marqué une nouvelle étape avec la suspension des travaux du Haut Conseil libano-syrien et la décision de limiter désormais les échanges bilatéraux aux voies diplomatiques officielles. Qualifiant sa visite d’« historique », M. Chaibani avait réaffirmé l’engagement de Damas à respecter la souveraineté du Liban et le principe de « non-ingérence » dans ses affaires.

Une délégation syrienne, conduite par le général Abdel Kader Tahan, adjoint du ministre syrien de l'Intérieur, a rencontré mercredi à Beyrouth le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, ainsi que le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Raëd Abdallah, et le directeur général de la Sûreté générale, le général Hassan Choucair. Selon M. Hajjar, l’objectif de ces échanges était de « discuter de dossiers communs tels que la lutte contre la drogue, les crimes de droit commun, la gestion des frontières et des passeports, ainsi que la lutte contre le terrorisme ».Le ministre a précisé que la rencontre avait eu lieu à la demande de la délégation syrienne afin de « réaffirmer la profondeur des relations libano-syriennes », dans la continuité des récentes...