Le chef du CPL, Gebran Bassil. Photo DR
Le chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil a accusé samedi, au cours d'une encontre avec de jeunes partisans, le gouvernement « d'encourager les Syriens à rester au Liban » au lieu de les « renvoyer dans leur pays ».
« Le gouvernement encourage les Syriens à rester au Liban, voire à venir de Syrie au Liban », a déclaré le chef du CPL, qui ajoute que son parti « est le seul à avoir pris position à ce sujet depuis 2011 ». « Au lieu de prendre les mesures nécessaires pour renvoyer les Syriens dans leur pays, le gouvernement autorise aujourd'hui les étudiants syriens à s'inscrire dans les écoles publiques sans être en possession de documents d'identité », a-t-il dénoncé. « Tout élève vivant en Syrie peut décider de venir étudier au Liban quand il le souhaite, ce qui a un impact sur le niveau des écoles publiques », a ajouté M. Bassil.
La ministre de l’Éducation Rima Karamé avait annoncé il y a une dizaine de jours que les réfugiés syriens du Liban en âge d’être scolarisés, qu’ils soient ou non en possession de pièces d'identité, seront autorisés cette année à se faire enregistrer à l’école publique pour y suivre des cours l’après-midi.
« Tout le monde a gardé le silence sur la question des réfugiés syriens et le CPL est le seul à se battre et à proposer des lois pour que les Syriens retournent dans leur pays. Tant que ce retour n'aura pas eu lieu, cela signifie que votre avenir n'est pas assuré, et que la main-d'œuvre syrienne étant moins coûteuse que la main-d'œuvre libanaise, cela obligera les Libanais à émigrer et les réfugiés syriens à prendre leur place », a-t-il souligné.
Législatives
Abordant par ailleurs la question du vote des expatriés dans la perspective des législatives prévues en principe en mai, Gebran Bassil a expliqué que la diaspora libanaise a « obtenu le droit de voter depuis l'étranger pour la première fois en 2018 grâce au CPL et à une loi votée au Parlement ». « Aujourd'hui, ils ont le choix, conformément à la loi, d'élire les six députés de la diaspora ou des députés au sein de leur circonscription en votant au Liban », a-t-il expliqué. Selon lui, « les autres partis politiques cherchent tous à supprimer ce droit ou à conserver les six sièges (censés représenter les Libanais de l'étranger). Nous craignons fortement qu'ils nous ramènent à la situation d'avant 2018, abolissant ainsi le droit de vote des expatriés », a-t-il dit.
L'opposition au tandem Amal-Hezbollah est favorable à l'amendement de la loi électorale de 2017, autrement dit à ce que les Libanais de l’étranger aient le droit de voter, depuis leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés, et non seulement pour six députés supplémentaires. Ce à quoi le tandem chiite et le parti aouniste s'opposent. Une « solution médiane » a été formulée il y a deux semaines par le Rassemblement démocratique (bloc affilié au leader druze Walid Joumblatt). Elle est axée sur la possibilité de demander aux expatriés de rentrer au Liban pour voter dans leurs circonscriptions.


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