Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi lors d'une tournée en hélicoptère de la force onusienne au-dessus des villages frontaliers et le long de la ligne bleue. Photo tirée de son compte X
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, n'a pu que constater lors d'une tournée au Liban-Sud vendredi « l'étendue des dégâts » de plus d'un an de guerre entre Israël et le Hezbollah sur la région, un constat qui l'a poussé à plaider une fois de plus pour le monopole des armes aux mains de l'Etat.
S'exprimant au siège de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), à Naqoura, à l’issue d’une tournée en hélicoptère de la force internationale au-dessus des villages frontaliers et le long de la Ligne bleue, M. Raggi a affirmé que le survol « des zones dévastées par les frappes israéliennes, ainsi que des cinq positions militaires encore occupées », ne faisait que renforcer « la détermination du Liban à libérer ses terres ». Il a ajouté que cette détermination s’inscrivait dans la volonté de « soutenir l’armée libanaise dans ses efforts pour rétablir la souveraineté de l’État, appliquer la résolution 1701, et mettre en œuvre la décision gouvernementale réservant le port d’armes à l’État et réaffirmant sa pleine autorité sur la décision de guerre et de paix ».
La récente guerre entre Israël et le Hezbollah, dont le front au Liban-Sud a été ouvert par un premier tir d'obus du parti chiite, a été particulièrement dévastatrice, à plus forte raison pour le Sud. En violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre dernier, l’armée israélienne y maintient au moins cinq positions militaires et poursuit ses bombardements quasi-quotidiens qui visent également la Békaa.
À son arrivée au QG des Casques bleus, le ministre a été accueilli par le commandant de la force, le général Diodato Abagnara, qui l’a accompagné lors d’une visite sur le terrain. M. Raggi a ensuite signé le livre d’or, exprimant sa « fierté de se rendre auprès des Casques bleus à l’occasion du 80e anniversaire de la fondation de Nations Unies », et saluant le rôle « essentiel » de la Finul dans « le maintien de la paix et de la stabilité, ainsi que les sacrifices consentis par ses soldats au service du Liban ».
Le chef de la diplomatie libanaise a également rendu hommage aux sacrifices des Casques bleus, dont plusieurs ont été blessés ces derniers mois par des tirs israéliens, et a discuté avec le général Abagnara de l’avenir de la mission, dont le mandat se termine à la fin de 2026. Le commandant a assuré la poursuite de la coopération entre la Finul et l’armée libanaise durant la phase de transition, en vue de l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et du soutien à la résilience des habitants du Sud, malgré les restrictions budgétaires.
Le commandant de la Finul a offert au ministre le drapeau des Nations unies, symbole de paix et de prospérité, tandis que M. Raggi lui a remis une sculpture phénicienne réalisée après l’explosion au port de Beyrouth en 2020, confectionnée à partir de restes de blé provenant des silos détruits.
Outre M. Raggi, étaient présents le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, ainsi que des chefs militaires, sécuritaires et religieux. La cérémonie comprenait notamment un défilé militaire des différents bataillons de la troupe onusienne et la levée des drapeaux du Liban, de la Finul et des pays qui la composent.
« Aujourd'hui, nous célébrons les Nations unies, car dans un monde divisé, elles demeurent l'espace commun de dialogue entre les nations, et leur Charte continue de parler à la conscience et aux espoirs des peuples. Bien que ses principes soient soumis à des attaques sans précédent, ils sont en même temps plus nécessaires que jamais », a déclaré le général Diodato Abagnara.
Pour rappel, le mandat de la Finul a été prolongé une dernière fois jusqu’au 31 décembre 2026, avant d'entamer un retrait progressif censé débuter à partir de cette date et s’achever d’ici la fin 2027.


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