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Dernières Infos - Tunisie

Grève générale et grande marche à Gabès contre une usine polluante


Des manifestants défilent à Gabès, en Tunisie, le 21 octobre 2025, lors d’une grève générale pour exiger le démantèlement d'un complexe industriel polluant. Photo Assem TLILI/Reuters

Commerces et bureaux fermés, une grève générale a paralysé mardi la ville de Gabès, dans le sud de la Tunisie, où une grande marche a réuni des milliers d'habitants pour exiger le démantèlement d'un complexe industriel polluant.

Depuis deux semaines, cette agglomération de 400 000 habitants est en proie à des mouvements de protestation pour réclamer la fermeture d'une usine d'engrais vieillissante à laquelle sont imputés plus de 200 cas d'intoxications, particulièrement d'enfants, survenus depuis début septembre. La grève générale est suivie « à 100% », « la ville est paralysée, tout est fermé à Gabès », a assuré à l'AFP Saoussen Nouisser, une responsable de l'antenne régionale du syndicat UGTT. « Nous sommes tous en colère contre la situation environnementale catastrophique dans notre ville sinistrée », a ajouté Mme Nouisser, décrivant la grève comme une « réponse aux promesses non tenues du pouvoir qui ne fait rien pour sauver la ville ». 

Des milliers de manifestants ont défilé au centre de Gabès. « La santé est un droit ! Respirer est un droit ! », « démanteler les unités (du complexe) est un droit », « vivre sans pollution est un droit », ont-ils scandé, dénonçant « la passivité » des autorités. Pour le militant Noureddine Boukhris, « il est possible qu'il y ait une escalade après cette grève générale. Nous voulons que l'Etat, la présidence du gouvernement et les ministres concernés par ce dossier réagissent ». Evoquant des problèmes de maintenance, le président Kais Saied a dépêché sur place, pour « faire le nécessaire », une équipe de deux ministères qui ne s'est pas exprimée pour le moment.

« Assez d'injustice ! »

En soutien à la grève, des avocats en robe noire ont aussi manifesté. « Tous les avocats du pays sont mobilisés à nos côtés pour défendre cette cause juste. Assez de marginalisation ! Assez d'injustice ! », a lancé Me Mounir Adouni, président du bureau régional de l'Ordre des avocats.

Dénoncé depuis des années pour pollution, le complexe du Groupe chimique tunisien, inauguré en 1972 en bord de mer, utilise de l'acide sulfurique et de l'ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates et rejette les résidus gazeux et solides en pleine nature. Pour certains experts, le regain récent d'émanations toxiques est dû à une intensification de la production sur des équipements vétustes.

Des vidéos d'élèves secourus après des malaises avaient poussé la semaine dernière des milliers d'habitants dans la rue, une mobilisation inédite depuis plusieurs années selon des militants. Cette manifestation avait été dispersée par des tirs massifs de lacrymogènes avec plusieurs dizaines de personnes arrêtées.

Le porte-parole de la Garde nationale Houcem Eddine Jebabli a justifié cette « fermeté » par des « agressions », affirmant que les forces de l'ordre avaient été « la cible de plus de 50 fumigènes incendiaires et de 800 cocktails Molotov, en plus de vols et pillages ».

En 2017, les autorités avaient promis de démanteler le complexe qui emploie 4.000 personnes dans une zone frappée par le chômage, pour le remplacer par un établissement aux normes internationales. Une promesse restée lettre morte. Les mines de phosphates - principale richesse naturelle du pays - sont « un pilier fondamental » de l'économie, a dit M. Saied. Le gouvernement vise un quintuplement de la production d'engrais d'ici 2030. Le ministre de l'Equipement Salah Zouari a annoncé « des mesures urgentes » à mener dans un délai de « trois à six mois » après la désignation d'entreprises chinoises « pour traiter les émissions de gaz ».

Commerces et bureaux fermés, une grève générale a paralysé mardi la ville de Gabès, dans le sud de la Tunisie, où une grande marche a réuni des milliers d'habitants pour exiger le démantèlement d'un complexe industriel polluant.Depuis deux semaines, cette agglomération de 400 000 habitants est en proie à des mouvements de protestation pour réclamer la fermeture d'une usine d'engrais vieillissante à laquelle sont imputés plus de 200 cas d'intoxications, particulièrement d'enfants, survenus depuis début septembre. La grève générale est suivie « à 100% », « la ville est paralysée, tout est fermé à Gabès », a assuré à l'AFP Saoussen Nouisser, une responsable de l'antenne régionale du syndicat UGTT. « Nous sommes tous en colère contre la situation environnementale...