Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (à droite) et le ministre des Affaires étrangères de l'Ossétie du Sud Akhsar Dzhioyev se serrent la main avant leur rencontre à Sotchi. Photo MINISTÈRE RUSSE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES / AFP
Le Kremlin a annoncé mercredi qu'il n'appliquerait pas la décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) qui a condamné la veille la Russie à verser plus de 253 millions d'euros à la Géorgie. « Nous n'appliquerons pas cette décision », a réagi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, interrogé au cours de sa conférence de presse quotidienne à laquelle participe l'AFP.
La CEDH, dont le siège est à Strasbourg en France, a estimé que la Russie avait entravé les droits d'habitants de deux régions séparatistes géorgiennes dont elle a officiellement reconnu l'indépendance, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
Après la guerre russo-géorgienne d'août 2008 pendant laquelle l'armée russe était intervenue en Géorgie en disant vouloir protéger l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, des lignes de démarcation ont été établies à partir de 2009 dans ces deux territoires. Selon la CEDH, ces mesures ont violé les droits d'environ 29 000 personnes auxquelles elle attribue des dommages et intérêts.
Exclue en 2022 du Conseil de l'Europe, auquel est rattachée la CEDH, la Russie est théoriquement toujours responsable des violations de la Convention européenne des droits de l'homme commises antérieurement. Mais ce pays ne considère plus les décisions de la CEDH comme contraignantes à son égard et refuse de payer les amendes.
L'institution avait déjà condamné en 2024 la Russie pour ce processus d'établissement de lignes de démarcation administrative au sein même du territoire géorgien. « La décision d'aujourd'hui est la suite logique des procédures historiques gagnées contre la Russie », s'est félicité mardi le ministère géorgien de la Justice, parlant d'une « victoire historique ».
Ces dernières années, les relations entre le gouvernement géorgien et Moscou sont toutefois plutôt bonnes. Depuis l'attaque de l'Ukraine par les forces russes en 2022, le parti au pouvoir en Géorgie est accusé de dérive autoritaire, de vouloir se rapprocher de la Russie et a suspendu le processus d'adhésion à l'UE.

