Cette photo, prise depuis une position à la frontière israélienne avec la bande de Gaza, montre le soleil se couchant derrière des bâtiments détruits alors que des bulldozers israéliens travaillent dans le cadre du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 14 octobre 2025. Photo Jalaa MAREY / AFP
Les risques liés aux munitions non explosées à Gaza sont « énormes » pour les déplacés qui retournent chez eux à la faveur de la trêve, alerte mardi Handicap International qui, comme l'ONU, plaide pour l'entrée du matériel nécessaire pour déminer.
« Les risques sont énormes, on estime qu'environ 70.000 tonnes d'explosifs sont tombées sur Gaza » depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sur Israël du Hamas le 7 octobre 2023, résume Anne-Claire Yaeesh, directrice pour les Territoires palestiniens de cette ONG spécialisée dans la lutte contre le déminage et l'aide aux victimes des mines antipersonnel.
« Les couches de gravats et les niveaux d'accumulations sont très importants », dit-elle, et « on est sur des risques plus plus », dans un terrain « extrêmement complexe » du fait d'un espace « restreint » dans des zones urbaines très denses.
En janvier, le service de la lutte antimines de l'ONU (UNMAS) estimait que « 5 à 10% » des munitions tirées sur Gaza n'avaient pas explosé.
Depuis lors, les combats se sont poursuivis, et l'armée israélienne a notamment lancé une opération d'envergure mi-septembre sur la ville de Gaza.
Une cessez-le-feu, le troisième de la guerre, est entré en vigueur vendredi.
Sollicité par l'AFP, l'UNMAS indique aujourd'hui qu'en raison des restrictions imposées au cours des deux dernières années « il n'a pas été possible de mener « des opérations de prospection à grande échelle à Gaza » et le service ne dispose par conséquent pas de « vue d'ensemble de la menace que représentent les explosifs et munitions dans la bande de Gaza ».
L'UNMAS souligne néanmoins que depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre, les demandes d'expertise technique « ont fortement augmenté », et que le service a été sollicité pour « toute une série de missions humanitaires, y compris dans des zones auparavant inaccessibles ».
Dans les jours à venir, « une grande partie des efforts concernera la protection des opérations de gestion des débris » et le déblaiement, en particulier celui des routes empruntées par les milliers de déplacés qui rentrent chez eux.
Si le Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU indiquait lundi que des humanitaires « ont pu évaluer les risques liés aux explosifs sur les routes principales », l'UNMAS dit ne disposer que « d'un nombre limité de véhicules blindés sur le terrain, ce qui signifie que nous ne pouvons effectuer qu'un certain nombre d'évaluations des risques liés aux explosifs par jour ».
L'UNMAS dit par ailleurs « n'avoir pas encore obtenu l'autorisation des autorités israéliennes pour faire entrer le matériel nécessaire à la destruction » des munitions non explosées.
L'UNMAS mentionne également « trois véhicules blindés qui sont à la frontière et attendent d'entrer dans Gaza, ce qui permettra de mener des opérations plus sûres et à plus grande échelle ».


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