La sœur de Cécile Kohler, Noémi (au centre), s'exprime derrière une banderole représentant Cécile Kohler et Jacques Paris, alors qu'elle célèbre le 41e anniversaire de sa sœur, détenue en Iran depuis mai 2022 pour espionnage, à Paris, le 25 septembre 2025. Photo AFP/BERTRAND GUAY
L'Iranienne détenue en France, que Téhéran veut échanger contre deux citoyens français emprisonnés en Iran, doit être jugée en janvier à Paris pour avoir fait l'apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux, a indiqué vendredi à l'AFP le parquet de Paris.
Le 11 septembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a annoncé à la surprise générale qu'un « accord » visant à échanger des « prisonniers » français en Iran contre une femme iranienne détenue en France approchait de sa « phase finale ».
L'Iran propose un échange entre Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février, et Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, détenus en Iran depuis mai 2022 et accusés d'espionnage pour le compte d'Israël, l'ennemi juré de l'Iran. Leurs familles ont décrit leur situation comme de plus en plus désespérée.
Par ordonnance datée de mercredi, un juge d'instruction parisien a renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris Mahdieh Esfandiari, 39 ans, pour apologie d'un acte de terrorisme commis en ligne (délit faisant encourir sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende), provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (délit faisant encourir sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d'amende), injure publique en ligne en raison de l'origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.
Deux autres personnes sont poursuivies pour les mêmes chefs tandis que l'essayiste d'extrême droite Alain Soral doit être jugé pour apologie du terrorisme en ligne et association de malfaiteurs, et une autre personne pour association de malfaiteurs.
Un mandat d'amener a été diffusé le 6 juin à l'encontre de M. Soral, qui réside en Suisse et n'avait pas répondu à sa convocation devant le juge d'instruction.
L'audience doit avoir lieu les 13, 14, 15 et 16 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris.
Les faits reprochés à Mahdieh Esfandiari ont été commis à Paris et à Lyon (centre-est), de courant 2023 jusqu'au 3 décembre 2024, sur plusieurs supports de publication, notamment sur les plateformes Telegram et X (anciennement Twitter), sur le site Egalité et réconciliation, les plateformes Twitch et YouTube.
Paris considère que Cécile Kohler et Jacques Paris sont « retenus comme otages d'Etat » en Iran tandis que Téhéran estime que Mahdieh Esfandiari est injustement détenue.


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