Des militaires libanais et des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en patrouille à la frontière avec Israël. Photo envoyée à L’Orient-Le Jour par la Finul.
La mission de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban (Finul) a affirmé vendredi que l'armée israélienne avait largué la veille des grenades à proximité de ses Casques bleus, appelant à cesser de telles attaques.
« Hier, l'armée israélienne a lancé des grenades près des soldats de la paix qui travaillaient aux côtés des soldats libanais pour assurer la sécurité des travailleurs civils », à Maroun el-Ras, dans le sud du Liban, a déclaré la Finul dans un communiqué, précisant qu'aucune victime n'était à déplorer.
Le communiqué exhorte l'armée israélienne « à cesser ses attaques contre ou à proximité des soldats de la paix, des civils et des soldats libanais (...) et à nous permettre d'accomplir notre mission sans entrave ».
Selon la mission onusienne, des Casques bleus positionnés sur deux sites différents « ont entendu une grenade exploser près d'une pelleteuse » à environ 500 mètres.
« Quelques instants plus tard, le premier groupe a vu un drone survoler la zone et a assisté à une explosion à environ 30 à 40 mètres », a ajouté la Finul. Peu après, « le second groupe a vu un autre drone larguer une grenade qui a explosé à seulement 20 mètres au-dessus de leurs têtes ».
Vendredi, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a dénoncé l’attaque israélienne contre la Finul. « Les attaques contre les Casques bleus, ou toute ingérence dans leurs missions mandatées montrent un mépris pour la sécurité des forces de la Finul et de l’armée libanaise, ainsi que pour la stabilité qu’elles tentent de rétablir dans le sud du Liban », a-t-il déclaré rappelant que « de telles actions constituent également une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».
Début septembre, la Finul avait annoncé que des drones israéliens avaient largué quatre grenades près de ses Casques bleus. Israël avait alors affirmé qu'il n'y avait eu « aucun tir intentionnel » contre la mission de l'ONU, qui fait tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978.
Un cessez-le-feu conclu sous médiation américaine a mis fin le 27 novembre 2024 à plus d'un an de conflit entre le Hezbollah et Israël, dont deux mois de guerre ouverte.
L'accord prévoit que seules l'armée libanaise et la Finul soient déployées dans le sud du pays, à la frontière avec Israël, y excluant la présence à la fois du Hezbollah et de l'armée israélienne. Mais celle-ci continue de maintenir des troupes dans cinq positions frontalières jugées stratégiques dans le sud du Liban et mène régulièrement des frappes, principalement contre des sites et des cadres du Hezbollah.


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