Le chef du bloc du Hezbollah Mohammad Raad au cours d'un discours à Nabatiyé, le lundi 29 septembre 2025. Photo ANI
Le chef du bloc du Hezbollah Mohammad Raad a lancé lundi une diatribe contre le gouvernement de Nawaf Salam sans le nommer spécifiquement, tout en réitérant, comme tous les autres cadres du parti depuis plusieurs jours, l’attachement du parti à garder les armes.
« La résistance du Hezbollah, qui est toujours guidée par la pensée de (l’ancien secrétaire général assassiné) Hassan Nasrallah (…), ne permettra pas à l’ennemi (israélien, ndlr) de parvenir à ses fins dans notre pays, ni par le biais de gouvernements soumis, ni à travers des complots et des tutelles », a lancé le député. Il participait à une cérémonie en hommage à deux cadres du parti tombés pendant le dernier conflit avec Israël, Ali Karaki et Ibrahim Jezzini, dans le village de Aïn Boussouar, dans le caza de Nabatiyé au Liban-Sud.
Le gouvernement de Nawaf Salam a pris début août une décision dans le sens d’un monopole des armes aux mains de l’Etat, incluant le désarmement du Hezbollah entre autres, ce que ce parti rejette de manière catégorique. Le mouvement chiite accuse le gouvernement de céder aux demandes américaines, ce qui expliquerait le mot « tutelle » dans le discours de Mohammad Raad. Les relations avec le gouvernement se sont davantage détériorées quand le Premier ministre a publié une circulaire interdisant au Hezbollah de projeter les portraits de ses deux secrétaires généraux assassinés sur la Grotte aux pigeons de Raouché jeudi dernier. Une interdiction défiée par le Hezbollah qui a organisé une grande manifestation et mené son programme tel qu’il l’avait prévu.
Dans son discours lundi, M. Raad a insisté sur le « plan ennemi » ourdi contre le Liban et la région, qui vise à « isoler la résistance financièrement, politiquement, médiatiquement et au niveau de la reconstruction », afin de mener le pays vers « une reconnaissance d’Israël » et une « normalisation des relations avec lui », sous prétexte de « réalisme ».
« Si c’est ce que veulent les défaitistes à travers la politique qu’ils tentent d’instiller peu à peu, croyant que le peuple est dupe des complots ourdis contre lui, ils doivent savoir que l’axe de la résistance dans notre région ne se soumettra pas au bon vouloir de l’ennemi et de ceux qui collaborent avec lui », a-t-il ajouté.
Le Hezbollah est sorti très affaibli de son dernier conflit avec Israël en 2023-2024, qui lui avait coûté la plupart de ses leaders historiques et une bonne partie de son arsenal, sans compter les morts civils et la destruction de villages entiers dans ses fiefs. Les déclarations de ses responsables, notamment son secrétaire général Naïm Kassem, cherchent cependant à convaincre que le parti a retrouvé sa vitalité et sa combativité, malgré les agressions israéliennes quotidiennes au Liban-Sud et ailleurs.


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