Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (au centre) pose avec Michael Baumgartner (à gauche), membre républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Adam Smith, représentant américain (3e à gauche), l'ambassadeur américain en Chine David Perdue (3e à droite), le président de l'Institut chinois des affaires étrangères Wang Chao (2e à gauche), les membres démocrates de la commission des forces armées de la Chambre des représentants Chrissy Houlahan (à droite) et Ro Khanna (2e à droite) au Grand Hall du Peuple à Pékin, le 23 septembre 2025. Photo AFP/MAHESH KUMAR A
Le chef d'une délégation du Congrès américain, en visite en Chine, a appelé mardi Pékin et Washington à renforcer leur dialogue face au « risque de malentendu » entre les deux armées, qui rivalisent d'influence en Asie-Pacifique.
Principal élu démocrate de la commission des forces armées du Congrès, Adam Smith a estimé devant la presse que la Chine devait communiquer davantage avec les autres puissances sur ses capacités militaires afin d'éviter la survenue d'incidents.
C'est la première fois depuis 2019 qu'une délégation du Congrès se rend en Chine. Pékin et Washington s'écharpent sur divers dossiers, du commerce aux relations avec Taïwan, en passant par les revendications territoriales chinoises en mer de Chine méridionale.
« Nous avons vu nos navires et nos avions, ainsi que leurs navires et leurs avions, se retrouver beaucoup trop proches les uns des autres », a déclaré Adam Smith lors d'un point de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin. « Nous devons améliorer notre communication sur la manière d'éviter ces incidents », a-t-il plaidé.
La délégation est composée de quatre élus, qui viennent du camp présidentiel républicain et de l'opposition démocrate. « L'intelligence artificielle, la guerre par drones, le cyberespace et l'espace évoluent rapidement et l'innovation progresse vite », a souligné Adam Smith. « Le risque d'un malentendu quant aux capacités de l'une ou l'autre partie est important » et les deux pays doivent dialoguer pour « éviter de basculer dans un conflit quel qu'il soit », a-t-il déclaré.
La visite de cette délégation intervient quelques jours après un appel téléphonique entre les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping. Ils sont convenus de se voir en marge du sommet de l'Apec (Coopération économique Asie-Pacifique), prévu le 31 octobre et le 1er novembre en Corée du Sud, a assuré M. Trump.
La délégation américaine a rencontré mardi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. « La stabilisation actuelle des relations sino-américaines a été obtenue de haute lutte et doit être préservée », a-t-il souligné, selon un communiqué de son ministère. « La Chine et les Etats-Unis sont des partenaires et non des rivaux, et encore moins des ennemis », a-t-il indiqué.
« S'opposer fermement »
Mais Wang Yi leur a rappelé la position chinoise sur Taïwan: « Les Etats-Unis ont fait une promesse politique sur la question d'une seule Chine », a-t-il souligné, une critique voilée des échanges politiques américano-taïwanais. « Pour préserver la paix et la stabilité » entre Pékin et Taipei, « il est nécessaire de s'opposer fermement au mouvement prônant l'indépendance de Taïwan », leur a déclaré M. Wang.
La délégation américaine avait rencontré lundi le ministre chinois de la Défense, Dong Jun. Elle avait évoqué avec lui l'importance de résoudre les « divergences » et d'instaurer un dialogue plus franc, selon un communiqué américain.
De son côté, Dong Jun les a exhortés à tirer parti de leur influence sur la politique étrangère et militaire américaine afin de « créer les conditions nécessaires à l'amélioration des relations entre les deux armées », d'après un compte rendu du ministère chinois de la Défense.


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