Un yacht et d’autres bateaux naviguent près des immeubles de grande hauteur de la Marina de Dubaï, le 28 août 2025. Photo Fadel SENNA / AFP
Un homme en fuite depuis trois ans et visé par un mandat d'arrêt pour être jugé à Paris fin octobre au procès d'un important réseau de blanchiment, a été extradé de Dubaï vers la France, ont annoncé vendredi les autorités émiraties et françaises.
Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur des Emirats arabes unis a annoncé avoir « extradé » vers la France « un homme recherché, après son arrestation par la police de Dubaï sur notice rouge d'Interpol ». Cette extradition, qui fait suite à une décision de justice et à une décision du ministère de la Justice, « démontre l'attachement ferme des Emirats arabes unis à la coopération judiciaire internationale et aux règles de droit », souligne le communiqué.
Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a confirmé vendredi avoir « obtenu l'extradition d'Adlane T. », « recherché et sous mandat d'arrêt depuis septembre 2022 », et qui « avait pris la fuite via la Belgique vers les Emirats ».
A son arrivée en France, « ce dernier s'est vu notifier vendredi son mandat d'arrêt ainsi que l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel » signée par des juges d'instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris. Le suspect « est présenté au juge des libertés et de la détention, à qui est demandé son placement en détention provisoire dans l'attente de l'audience correctionnelle du 27 octobre, à laquelle une dizaine de personnes seront jugées », a-t-on ajouté.
Adlane T. « est soupçonné d'avoir été le principal donneur d'ordres au sein d'un important réseau de blanchiment, notamment en assurant la gestion de fait de plusieurs sociétés ouvertes au nom de différentes personnes de confiance », selon le ministère public. D'après cette source, « il est également soupçonné d'avoir été l'un des principaux bénéficiaires des sommes dégagées par le schéma frauduleux » mais aussi d'avoir « donné des instructions précises » pour favoriser le fonctionnement du système.
L'homme est aussi suspecté d'avoir pu « renseigner certains membres du réseau sur l'état d’avancement de procédures en cours les concernant, voire sur le déroulement de certaines gardes à vue », a-t-on ajouté. Adlane T. « fait partie des cinq objectifs principaux qui avaient été évoqués » avec les représentants émiratis lors d'une réunion en juin, a souligné le parquet de Paris, alors que les Emirats ont longtemps été présentés en France comme un refuge pour des délinquants tricolores de hauts vol. « Il est invraisemblable que pour des faits de cette nature, une traque mondiale ait été organisée et ait donné lieu à une extradition », a réagi l'avocat du mis en cause, Me Philippe Ohayon.

