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Dernières Infos - Pakistan

Douze soldats pakistanais tués par des talibans locaux, Islamabad accuse Kaboul


Des membres des forces de sécurité talibanes transportent une victime du tremblement de terre évacuée par un hélicoptère militaire depuis le district de Nurgal, dans la province de Kunar, vers une ambulance après son arrivée à Jalalabad, le 1er septembre 2025. Photo d'archives AFP / WAKIL KOHSAR

Islamabad hausse le ton samedi contre Kaboul et menace d'expulser encore davantage d'Afghans après la mort de 12 de ses soldats dans une embuscade tendue par des talibans locaux, en pleine résurgence dans le nord-ouest frontalier de l'Afghanistan.

« Vers 04H00 du matin, des assaillants postés des deux côtés de la route ont tiré à l'arme lourde sur un convoi de militaires et paramilitaires, 12 membres des forces de sécurité ont été tués », a dit à l'AFP un responsable de l'administration locale.

Le Tehrik-e-Taliban (TTP), mouvement des talibans pakistanais, a revendiqué un « assaut très sophistiqué » ayant permis de « saisir dix mitrailleuses et un drone ». L'armée pakistanaise, elle, a reconnu 12 morts dans ses rangs mais assure avoir également tué « 13 terroristes » --et 22 autres mercredi, des chiffres impossibles à vérifier de source indépendante. L'attaque de samedi est l'une des plus meurtrières ayant visé les forces de sécurité depuis des mois dans la province du Khyber-Pakhtunkhwa, où le TTP retrouve des méthodes des années 2000.

A cette époque, le mouvement, formé au combat en Afghanistan et qui se réclame de la même idéologie que les talibans afghans, tenait des pans entiers des zones tribales montagneuses qui forment la poreuse frontière entre Pakistan et Afghanistan. 

Jeudi, selon d'autres responsables locaux, sept paramilitaires avaient déjà été tués dans la même province lors d'échanges de tirs avec des combattants du TTP.

Pour Islamabad, ce sont les talibans afghans, de retour au pouvoir à Kaboul depuis l'été 2021, qui favorisent cette résurgence.  Kaboul dément fermement et renvoie l'accusation à Islamabad, l'accusant d'aider des groupes « terroristes », notamment la branche régionale du groupe Etat islamique (EI).

L'Afghanistan accusé

« Des informations confirment sans doute possible l'implication physique de ressortissants afghans dans les attaques », accuse samedi l'armée pakistanaise, exhortant Kaboul à « empêcher que son territoire soit utilisé pour des activités terroristes hostiles au Pakistan ».

Le Premier ministre Shehbaz Sharif, flanqué du chef de l'armée, véritable homme fort du pays, le maréchal Assim Mounir, s'est rendu au Khyber-Pakhtunkhwa pour assister aux funérailles des 12 soldats tués. Il a à cette occasion estimé « très important que les clandestins afghans soient expulsés au plus vite », selon les médias locaux, alors qu'Islamabad a déjà poussé au départ plus d'un million d'Afghans, annulant leurs cartes de résidence et même leurs cartes de réfugiés délivrées par l'ONU.

Depuis plusieurs semaines, des habitants de différents districts du Khyber-Pakhtunkhwa assurent que sont apparues des inscriptions « TTP » sur des murs. Ils disent redouter de replonger dans les années de violences extrémistes qui ont déchiré l'ouest du Pakistan après que Islamabad est devenu un allié clé des Etats-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme » à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

Dans le même temps, affirmait récemment à l'AFP un haut fonctionnaire local, « le nombre de combattants et d'assauts du TTP a augmenté ». Depuis le 1er janvier, selon un décompte de l'AFP, près de 460 personnes, en majorité membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences menées par des groupes armés en lutte contre l'Etat, au Khyber-Pakhtunkhwa comme dans la province voisine du Baloutchistan. Le Pakistan a connu en 2024 son année la plus meurtrière en près d'une décennie avec plus de 1.600 morts dans ces violences.


Islamabad hausse le ton samedi contre Kaboul et menace d'expulser encore davantage d'Afghans après la mort de 12 de ses soldats dans une embuscade tendue par des talibans locaux, en pleine résurgence dans le nord-ouest frontalier de l'Afghanistan.« Vers 04H00 du matin, des assaillants postés des deux côtés de la route ont tiré à l'arme lourde sur un convoi de militaires et paramilitaires, 12 membres des forces de sécurité ont été tués », a dit à l'AFP un responsable de l'administration locale.Le Tehrik-e-Taliban (TTP), mouvement des talibans pakistanais, a revendiqué un « assaut très sophistiqué » ayant permis de « saisir dix mitrailleuses et un drone ». L'armée pakistanaise, elle, a reconnu 12 morts dans ses rangs mais assure avoir également tué « 13 terroristes » --et 22 autres...