Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan. Photo Ani
Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, a annoncé mercredi que cette commission a approuvé l'ouverture d'une ligne de crédit supplémentaire de 2 250 milliards de livres libanaises, pour financer l'augmentation prévue des retraites du secteur public. Le montant des salaires et pensions dans le public n'ont toujours pas été relevés de manière à compenser la dévaluation de la livre libanaise depuis le début de la crise économique en 2019.
Au taux actuel du marché (89 500 LL pour un dollar), 2 250 milliards de livres correspondent à environ 25 millions de dollars. Ils serviront à couvrir cette augmentation fixée à 12 millions de livres (environ 134 dollars) par mois pour « l'ensemble des retraités du public », a souligné M. Kanaan, qui a toutefois appelé à une « solution globale et équitable à cette question ». Il a demandé au ministère des Finances et au gouvernement de fournir « une estimation de l’impact financier de cette mesure d’ici à la fin de l’année, notamment en ce qui concerne les crédits supplémentaires qui pourraient être nécessaires », disant craindre l'ouverture de lignes de crédit additionnelles qui « dépassent le plafond du budget adopté ». « Il est donc nécessaire d’établir une transparence totale dans le budget de 2026 », a-t-il affirmé, disant avoir demandé à être informé de l’état actuel du compte 36 (compte du Trésor), des recettes disponibles et des prévisions d’ici à la fin de l’année ».
Nouvelles coupures de livres libanaises
M. Kanaan a indiqué, par ailleurs, que la commission qu'il préside « a amendé la loi autorisant la Banque du Liban (BDL) à émettre des billets de différentes coupures de la monnaie nationale ». Cette loi avait été adoptée par le Parlement en avril 2025 et devait ouvrir la voie à l’émission de billets de 500 000, d’un, de deux et de cinq millions de livres libanaises, alors que la monnaie nationale a perdu 98 % de sa valeur depuis le début de la crise économique et financière de 2019 sans qu’aucun nouveau billet ne soit émis. « Le président de la République avait renvoyé cette loi en raison d’une contradiction entre les motifs la justifiant et certains de ses articles. Aujourd’hui, la commission des Finances a corrigé cette contradiction en amendant les motifs, de sorte que la Banque du Liban puisse désormais émettre de nouvelles coupures allant jusqu’à 5 millions de livres, une fois la loi adoptée en séance plénière », a précisé M. Kanaan. Il a ajouté que la BDL a confirmé l'existence d'un mécanisme pour «remplacer les billets en circulation, afin d'éviter un problème lié à l'inflation».
Ibrahim Kanaan, député du Metn, a en outre affirmé avoir discuté d'une loi présentée par le parlementaire Ibrahim Mneimné et déjà avalisée par la commission de la Défense, concernant les agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) ayant déserté après 2019, sur fond de crise. Le texte, qui « régularise » leur situation, en considérant ces agents comme licenciés, et non comme déserteurs, sera étudié plus en détail lors d'une prochaine réunion de la commission lundi prochain, a-t-il précisé.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin