Le président palestinien Mahmoud Abbas serre la main du Premier ministre britannique Keir Starmer au 10 Downing Street, à Londres, en Grande-Bretagne, le 8 septembre 2025. Photo Jonathan Brady/Reuters
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'est entretenu lundi soir avec Keir Starmer à Downing Street, à Londres, alors que Londres se rapproche de la reconnaissance de l'Etat de Palestine.
Les deux dirigeants ont discuté de « l'urgence de mettre fin aux terribles souffrances et à la famine » à Gaza et de la libération des otages détenus par le Hamas, a indiqué un porte-parole de Downing Street.
M. Abbas a salué « l'engagement » du Royaume-Uni à « reconnaître un Etat palestinien pendant l'Assemblée générale de l'ONU », qui se tient du 9 au 23 septembre à New-York, « à moins qu'Israël ne change de cap », a ajouté le porte-parole.
Plusieurs pays dont la France ont annoncé leur intention de reconnaître l'Etat de Palestine lors l'Assemblée générale. Keir Starmer a annoncé fin juillet que son pays reconnaîtrait l'Etat de Palestine en septembre, sauf si Israël prenait une série d'engagements, dont celui d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Cette annonce avait été vigoureusement condamnée par Israël.
Lors de leur rencontre, les deux dirigeants ont convenu qu’il n'y aurait « aucun rôle pour le Hamas dans la future gouvernance de la Palestine » et insisté sur la nécessité d'une « solution à long terme » au conflit.
Le président israélien en visite à Londres
Mahmoud Abbas, 89 ans, est arrivé à Londres dimanche soir pour une visite de trois jours. Le mois dernier, les Etats-Unis ont refusé ou révoqué des visas à quelques 80 Palestiniens, dont le président de l'Autorité palestinienne pour l'Assemblée générale de l'ONU.
Lors de leur entretien, M. Starmer a « salué l'engagement » de M. Abbas « à « réformer l'Autorité palestinienne ». Le président israélien Isaac Herzog est lui aussi attendu au Royaume-Uni. Selon son bureau, il doit quitter Israël mardi « pour une visite officielle à Londres » et devrait être de retour dans son pays vendredi.
Une rencontre avec Keir Starmer n'a pas été confirmée par Downing Street.
Le président israélien « se concentrera », « lors de ses rencontres diplomatiques », sur la libération des otages, « parallèlement à d'autres questions politiques », selon son bureau. Il va rencontrer des membres du Parlement, des leaders d'opinion et des personnalités des médias, a indiqué la présidence israélienne.
L'objectif de la visite d'Isaac Herzog, qui a un rôle surtout protocolaire, est de montrer sa « solidarité avec la communauté juive, qui subit de violentes attaques et fait face à une vague d'antisémitisme », selon cette source.
Il a été invité « par les principales organisations de la communauté » juive, devant lesquelles il va prononcer des discours dans des conférences dédiées « au soutien » à Israël et « à la lutte contre l'antisémitisme ».
Israël considère que reconnaître un Etat palestinien revient à accorder « une récompense au Hamas », après les massacres du 7 octobre 2023 commis par le mouvement islamiste palestinien, ayant entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles.
L'offensive israélienne menée depuis contre la bande de Gaza a tué au moins 64 522 Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.

