L'entrée du hall des départs de l'Aéroport international de Beyrouth. Photo d'archives AFP
Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Claude Ghanem, a engagé des poursuites contre neuf agents des forces de l’ordre, en exercice ou retraités, qui sont accusés d’avoir permis la fuite d’un escroc présumé, sous mandat d’arrêt. Ce suspect, un récidiviste selon une source au Palais de justice contactée en août, aurait extorqué plusieurs millions de dollars à la chanteuse Elissa en 2019, dans une affaire qui avait éclaté au grand jour mi-août.
Selon un document consulté par L’Orient-Le Jour, le juge Ghanem a engagé des poursuites contre 12 personnes, dont neuf militaires.
Armée, FSI et Sûreté générale
L’un d’entre eux relève de l’armée, deux des Forces de sécurité intérieure et les autres sont liés à la Sûreté générale et certains sont retraités, selon des informations d’une source proche du dossier. La même source précise que sur les 12 personnes contre lesquelles des poursuites sont engagées, 10 sont actuellement arrêtées. Parmi les civils mentionnés dans l’ordre judiciaire daté du 2 septembre, l’on retrouve Ali Hammoud, le principal suspect de l’escroquerie ayant visé Elissa.
Ce dernier avait fui le Liban via l’Aéroport international de Beyrouth, malgré le mandat d’arrêt à son encontre. Lorsqu’un mandat de recherche est émis par la justice, les Forces de sécurité intérieure (FSI) sont chargées de le communiquer à la Sûreté générale (SG), qui le diffuse sur tous les points de passage frontaliers et l’enregistre dans son système informatique. Or dans ce cas précis, le mandat n’a pas été visible sur les écrans en question, ce qui a permis au prévenu de franchir le point de contrôle et d’embarquer en toute tranquillité.
Selon le texte consulté par notre publication, plusieurs des agents qui seraient impliqués dans cette affaire auraient reçu des pots-de-vin pour manipuler la transmission des documents d’un service sécuritaire à l’autre et permettre la fuite de l’escroc présumé. Certains des suspects sont accusés d’avoir « négligé leurs obligations professionnelles ».
Dès le début de la crise, face à la pénurie de liquidités en raison de l’effondrement du secteur bancaire, de nombreux déposants avaient eu recours à des intermédiaires pour échanger des chèques libellés en « lollars » contre des dollars frais, avec une décote pouvant aller jusqu’à 85 ou 90 % de leur valeur nominale. Élissa avait remis dans ce contexte un chèque de 2,7 millions à Ali Hammoud, qui s’est volatilisé sans lui fournir la moindre contrepartie.


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