Des partisans du CHP, principal parti d'opposition en Turquie, lors d'affrontements avec la police, à Istanbul, le 8 septmebre 2025. Photo REUTERS/Dilara Acikgoz
Elus et policiers se font face lundi matin devant le siège régional du principal parti de l'opposition turque à Istanbul, dont la direction doit être confiée à un administrateur nommé par l'Etat, ont constaté des journalistes de l'AFP. Toute la nuit, des centaines d'élus et partisans du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) ont fait barrage aux abords et à l'intérieur du bâtiment, s'opposant à sa prise de contrôle par les autorités.
La police a fait usage lundi matin de gaz lacrymogène et procédé à au moins une dizaine d'interpellations, selon deux journalistes de l'AFP sur place.
La justice a révoqué la semaine passée la direction provinciale du CHP à Istanbul pour des soupçons d'irrégularités lors d'un congrès du parti en 2023. Une décision similaire pourrait être prise lundi prochain contre la direction nationale du parti à Ankara. Dans ce contexte, le gouvernorat d'Istanbul a interdit jusqu'à mercredi soir les manifestations dans plusieurs districts d'Istanbul, dont celui de Sariyer où se trouve le siège régional du CHP.
L'accès à plusieurs réseaux sociaux et messageries, dont X, Instagram et WhatsApp, est également restreint dans la mégapole turque depuis dimanche soir, selon l'organisation de surveillance de l'accès à internet Netblocks.
Les autorités ont décidé de nommer Gürsel Tekin, vice-président du CHP entre 2010 et 2014, à la tête de la branche provinciale du parti. M. Tekin a indiqué qu'il se rendrait à la mi-journée lundi au siège stambouliote du CHP, mais a affirmé à un média local qu'il refuserait d'y entrer sous escorte policière.
Selon des analystes, le pouvoir turc cherche par tous les moyens à affaiblir le CHP, sorti large vainqueur d'élections locales l'an dernier face au Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan.


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