Une pharmacie photographiée en 2021, en pleine crise de pénurie de médicaments au Liban. Photo d'archives Joseph Eid/AFP
Le syndicat des importateurs de médicaments a publié mercredi un communiqué dans lequel il s’insurge contre ce qu’il a appelé « une grave exagération dans les médias concernant les quantités de médicaments périmés sur le marché libanais », estimant que l'impression donnée « ne se base sur aucune donnée scientifique ».
« Au cas où ces quantités se confirmaient, il faudrait ouvrir une enquête pour savoir pourquoi tous ces médicaments qui étaient en rupture de stock au plus fort de la crise économique et du subventionnement du gouvernement libanais (de 2020 à 2022) refont surface aujourd’hui », poursuit le texte.
« Le syndicat demande à ce qu’on revienne à une approche plus rationnelle loin des exagérations médiatiques, et revendique l’ouverture d’une enquête qui rétablira la confiance dans ce marché libanais du médicament, notamment dans le cadre des efforts officiels visant à limiter l’entrée de médicaments contrefaits sur le marché », ajoute le communiqué.
Interrogé par L’Orient-Le Jour, le président du syndicat des importateurs de médicaments, Joseph Ghorayeb, a précisé que des discussions sont en cours à ce sujet entre le syndicat et l’Ordre des pharmaciens sur le protocole qui régit la relation commerciale entre eux, sous la houlette du ministère de la Santé.
« Or nous avons été surpris lundi matin par un communiqué de l’Ordre des pharmaciens sur une saisie de médicaments périmés et du risque sanitaire qui en découle, ainsi que des rapports médiatiques qui gonflent les chiffres. Pourquoi cette crise provoquée en pleine négociation ? », a demandé M. Ghorayeb.
Selon lui, les quantités de médicaments périmés saisis sont « normales et non exceptionnelles », et il s’étonne de la levée de boucliers. « D’autre part, il est de la responsabilité du pharmacien de ne pas vendre des produits périmés, donc le risque sur la santé est minime », dit-il.
M. Ghorayeb assure que « les importateurs ne sont pas contre un retour des médicaments périmés, mais en quantités logiques pour ne pas encourager le gaspillage ».
Sollicité par L’OLJ, Joe Salloum, président de l’Ordre des pharmaciens, affirme « refuser de répondre à la polémique sur une éventuelle crise provoquée ». « La question des médicaments périmés est soulevée dans le seul objectif de protéger la santé des patients », assure-t-il, rappelant que même dans les médias, il n’y a pas eu de précisions sur des quantités données.
« Il y a toutefois un principe et une loi à respecter, selon lesquels ces médicaments périmés doivent être rendus aux importateurs afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent dans les mauvaises mains ou qu’ils ne soient vendus par erreur », dit-il, assurant que ce problème est en train d’être réglé avec le ministère de la Santé.


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