Des habitants soudanais se rassemblent pour recevoir des repas gratuits à El-Fasher, une ville assiégée depuis plus d’un an par les Forces de soutien rapide (RSF), dans la région du Darfour, le 11 août 2025. Photo AFP.
La ville d'El-Facher, située dans la vaste région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, est assiégée depuis plus d'un an par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui veulent la prendre à l'armée.
Dernière grande ville tenue par l'armée au Darfour, El-Facher est devenue le principal front du conflit entre les deux camps qui s'affrontent depuis avril 2023.
Les paramilitaires, qui ont perdu une grande partie du centre du pays, avec notamment Khartoum plus tôt cette année, cherchent à consolider leur pouvoir dans l'ouest et établir un gouvernement rival.
Voici le point sur la situation à El-Facher :
Qui se bat à El-Facher ?
D'un côté, l'armée soudanaise combat aux côtés des Forces conjointes, une coalition d'anciens groupes rebelles.
Ces groupes avaient abandonné leur neutralité en novembre 2023 après des massacres commis par les FSR et leurs alliés à El-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest, et la prise par les FSR des capitales de quatre Etats du Darfour.
De l'autre, les FSR sont issues des milices arabes Janjawids, mobilisées au début des années 2000 par le gouvernement pour écraser une rébellion de groupes ethniques non arabes au Darfour, causant environ 300.000 morts et valant au régime des accusations de génocide.
La guerre actuelle a éclaté à la suite d'une lutte de pouvoir entre deux anciens alliés: le chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhane et le commandant des FSR Mohamed Hamdane Daglo.
Quelle situation sur le terrain ?
L'armée et ses alliés ne contrôlent plus que moins de 13 km² sur un total d'environ 80 km², concentrés principalement autour de l'aéroport dans l'ouest de la ville, selon des images satellites du Humanitarian Research Lab (HRL) de l'Université Yale, aux Etats-Unis.
La zone qu'ils contrôlent s'étend du camp de déplacés d'Abou Chouk, touché par la famine, au nord-ouest de la ville, jusqu’à la prison de Shalla au sud-ouest.
« C'est la plus petite zone qu'ils contrôlent depuis le début du siège », a déclaré à l'AFP Nathaniel Raymond, directeur du HRL.
Les FSR se sont emparés d'une grande partie du camp d'Abou Chouk, attaqué de nombreuses fois ces dernières semaines, ainsi que du quartier général de la police dans le centre-ville, et elles ont ciblé des hôpitaux ainsi que des zones densément peuplées près de l'aéroport.
Les images satellites révèlent encore que les FSR ont érigé plus de 30 km de remblais de terre autour de la partie nord de la ville, en forme de demi-cercle, créant "un étau mortel" pour ses quelque 300.000 habitants, selon le dernier rapport de HRL.
La partie sud est contrôlée par les FSR depuis qu'ils ont pris le camp de Zamzam en avril.
« Il n'y a aucune issue », résume M. Raymond.
Les FSR exigeraient des pots-de-vin pour certaines personnes voulant fuir la ville et exécuteraient d'autres soupçonnées de liens avec l'armée, selon lui.
Quelle est la situation humanitaire ?
Les habitants restent piégés dans la ville, à court de nourriture, d'eau, de médicaments et d'aide humanitaire, selon l’ONU.
La famine a été déclarée l'an dernier à Zamzam, Abou Chouk et dans un camp voisin.
A El-Facher, près de 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, selon l'ONU.
Des civils affamés disent se cacher dans des abris de fortune pour se protéger des bombardements incessants.
Et si les FSR prennent El-Facher ?
L'assaut des FSR sur Zamzam a déjà déplacé des centaines de milliers de personnes. Les organisations humanitaires craignent un nouvel exode massif si la ville tombe aux mains des paramilitaires.
Les experts mettent par ailleurs en garde contre des atrocités de masse qu'elles pourraient commettre contre la tribu majoritaire des Zaghawas.
La capture d'El-Facher donnerait également aux FSR le contrôle des capitales des cinq Etats du Darfour, susceptible de renforcer leur projet de gouvernement parallèle dans l'ouest du Soudan.
« El-Facher est devenu un siège d'usure, comme Stalingrad », a déclaré l'analyste Khoolood Khair à l'AFP. « Et cela n'apportera que davantage de mort et de destruction avant qu'il ne prenne fin », selon lui.
La ville d'El-Facher, située dans la vaste région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, est assiégée depuis plus d'un an par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui veulent la prendre à l'armée.
Dernière grande ville tenue par l'armée au Darfour, El-Facher est devenue le principal front du conflit entre les deux camps qui s'affrontent depuis avril 2023.
Les paramilitaires, qui ont perdu une grande partie du centre du pays, avec notamment Khartoum plus tôt cette année, cherchent à consolider leur pouvoir dans l'ouest et établir un gouvernement rival.
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D'un côté, l'armée soudanaise combat aux côtés des Forces conjointes, une coalition d'anciens groupes rebelles.
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