Des traces des tanks israéliens sur une route dans la province de Qouneitra, le 4 juillet 2025. Photo Emmanuel Haddad/L’Orient-Le Jour
Un homme a été tué dans une frappe israélienne sur un village du sud de la Syrie, a annoncé mardi l'agence officielle syrienne Sana, Damas dénonçant une « violation flagrante » du droit international. Depuis qu'une coalition islamiste a renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, Israël a mené des centaines de frappes sur le pays avec lequel il est techniquement en état de guerre, tout en amorçant un dialogue avec les nouvelles autorités.
Selon Sana, « un jeune homme a été tué par un bombardement israélien sur une maison du village de Tarnaja », sur le plateau syrien du Golan, dont une partie est occupée et annexée par Israël. Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné « les récentes attaques israéliennes contre son territoire, qui ont entraîné le martyre d’un jeune homme ». Il a aussi dénoncé « l’incursion des forces israéliennes dans une localité de la province de Qouneitra, leurs campagnes d’arrestations contre des civils, et leur annonce du maintien de leur présence illégale au sommet du mont Hermon et dans la zone tampon ».
« Ces pratiques agressives constituent une violation flagrante de la Charte des Nations unies, (..) et représentent une menace directe pour la paix et la sécurité dans la région », a-t-il ajouté. La semaine dernière, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des opérations dans le sud de la Syrie, où elle a indiqué avoir découvert et saisi « des installations de stockage d'armes » et « appréhendé des suspects ». Le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé des attaques constituant « une violation flagrante de la souveraineté de la République arabe syrienne sœur et du droit international ».
De son côté, le ministère qatari des Affaires étrangères a appelé « la communauté internationale à agir de manière décisive contre l’occupation israélienne et à la contraindre à mettre fin à ses attaques répétées contre le territoire syrien ».
Après la chute de l'ex-président, l'armée israélienne a déployé des forces dans la zone tampon démilitarisée contrôlée par les Nations unies sur le plateau du Golan, à la lisière de la partie annexée par Israël en 1981. Les deux pays, ennemis depuis des décennies, ont cependant entamé un dialogue inédit sous le parrainage des Etats-Unis.
Le 19 août, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaibani avait rencontré une délégation israélienne à Paris pour discuter de la « désescalade » entre les deux pays voisins, selon Sana. Les échanges ont abordé la question d'un retour à l'accord de désengagement de 1974 entre les deux pays, qui avait créé la zone tampon.

