Le directeur de l'Agence de renseignement de la défense, le lieutenant-général Jeffrey Kruse, le directeur du FBI, Christopher Wray, le directeur de la CIA, William Burns, la directrice du renseignement national, Avril Haines, le lieutenant-général de l'armée de l'air américaine Timothy Haugh et le secrétaire d'État adjoint au renseignement et à la recherche, Brett Holmgren, témoignent devant la commission sénatoriale spéciale sur le renseignement dans le cadre de l'« Évaluation annuelle des menaces mondiales » au Hart Senate Office Building, à Capitol Hill, à Washington, DC, le 11 mars 2024. Photo AFP/ SAUL LOEB
Le chef du renseignement militaire américain ainsi que deux autres hauts responsables de cette agence ont été démis de leurs fonctions, a-t-on appris vendredi, après la publication d'un rapport qui aurait fortement déplu au président Donald Trump.
Le limogeage du lieutenant-général Jeffrey Kruse, qui occupait cette fonction depuis le début de l'année 2024, arrive peu après que ses services ont estimé que les frappes menées en juin par les États-Unis en Iran avaient retardé de plusieurs années le programme nucléaire de Téhéran.
Ce rapport, dont la presse s'est fait l'écho, diffère sensiblement des affirmations de Donald Trump, qui martèle que les attaques en question ont totalement détruit les sites nucléaires visés. Jeffrey Kruse « n'assumera plus les fonctions de directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency) », a indiqué vendredi un haut responsable militaire, sous couvert d'anonymat. Il n'a pas avancé de raison pour ce limogeage.
Un autre responsable, qui a requis l'anonymat, a déclaré que deux autres hauts responsables, la vice-amirale d'escadre Nancy Lacore, cheffe de la réserve de la Marine, et le contre-amiral Milton Sands, quittaient également leurs fonctions. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a présidé au renvoi de multiples hauts responsables du Pentagone, à commencer par le chef d'état-major des armées, Charles Brown, remercié en février sans explications.
Le ministre de la Défense Pete Hegseth, un fidèle de Donald Trump, défend le droit du président à choisir les dirigeants de l'armée comme il l'entend, mais des élus démocrates se sont inquiétés d'une possible politisation de cette dernière.
Garde nationale
Pete Hegseth avait mené la contre-attaque après que le rapport du renseignement militaire sur les frappes en Iran eut circulé dans la presse. Selon lui, le document « a fuité parce que quelqu'un veut essayer de (...) faire croire que ces frappes historiques n'ont pas été un succès ».
Donald Trump, que son ancien chef d'état major avait qualifié d' »aspirant dictateur », a fait de la loyauté le principal critère de recrutement de son second mandat. Il applique également cette logique à l'armée, historiquement neutre, pour laquelle il a une fascination non dissimulée.
Le président américain a par exemple organisé à Washington une rare parade militaire le 14 juin, date qui marquait 250 ans depuis la création de l'armée américaine, et qui se trouve aussi être celle de son anniversaire. Il a déployé la Garde nationale, un corps de réserve, à Los Angeles puis à Washington.
Plusieurs hauts responsables civils ont aussi été limogés par le milliardaire de 79 ans. Donald Trump a par exemple récemment renvoyé la directrice de la principale agence de statistiques sur l'emploi après la publication de mauvais chiffres.


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