Le chef d'état-major de l'armée israélienne Eyal Zamir près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à Nahal Oz, le 20 avril 2018. Photo AFP / THOMAS COEX
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, dont les relations se sont tendues ces derniers jours avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu, a plaidé jeudi pour plus de « confiance mutuelle » avec le pouvoir exécutif.
« En toute période, mais surtout en temps de guerre, le lien entre l'échelon politique et l'échelon militaire constitue un axe central de la sécurité nationale », a déclaré le lieutenant-général Eyal Zamir, au cours d'une cérémonie de passation de commandement. « La confiance mutuelle et une coopération totale sont les clés du succès. La victoire sur le champ de bataille ne dépend pas seulement de la puissance militaire, mais aussi de la cohésion entre les échelons du commandement. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons garantir une victoire décisive. Au cœur de cette unité se trouve la confiance », a-t-il répété.
Depuis deux semaines, des tensions sont apparues au grand jour entre le chef d'état-major et le gouvernement à propos de la poursuite des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza pour y libérer les otages et vaincre le Hamas, dont l'attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive meurtrière dans le territoire palestinien.
Le chef de l'armée, nommé début 2025, et le ministre de la Défense, Israël Katz, se sont également affrontés sur des nominations d'officiers supérieurs. Selon la presse locale, le général Zamir était opposé au plan validé la semaine dernière d'une prise de contrôle de la ville de Gaza, une zone densément peuplée qui échappe pour le moment au contrôle militaire israélien exercé, selon Israël, sur quelque 75% du territoire palestinien, dévasté par 22 mois de guerre.
Plusieurs ministres ont rappelé à l'ordre le général Zamir ces derniers jours. Celui-ci, de son côté, a clairement affirmé son indépendance, disant qu'il continuera de s'exprimer « sans crainte ».
Le quotidien Haaretz a consacré mercredi un long article à ces tensions, avançant, en citant des sources anonymes à la tête de l'armée, que le cercle rapproché de M. Netanyahu voudrait remplacer le chef d'état-major, considéré comme « trop indépendant », et que ce dernier se sentirait « sous pression ».
Selon la radio de l'armée, le Premier ministre reprocherait également au chef de l'armée de recevoir régulièrement des « personnalités qui ne font plus partie du système militaire ».
Mercredi, le chef de l'armée avait annoncé avoir « approuvé » le plan pour la prise de la ville de Gaza et les camps de déplacés voisins, décidé par le cabinet de Netanyahu.


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