Des bédouins et des tribus maintiennent leurs positions lors d’affrontements avec des combattants druzes dans la ville de Soueida, dans le sud de la Syrie, malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu immédiat » par le président syrien par intérim le 19 juillet 2025. Omar Haj Kadour/AFP
Les chefs de la diplomatie syrienne et jordanienne ainsi qu'un émissaire américain ont convenu mardi de créer un groupe de travail pour aider la Syrie à maintenir un cessez-le-feu dans la province de Soueida, secouée par de récentes violences communautaires.
Dans une déclaration publiée après une réunion à Amman, la Jordanie et les Etats-Unis ont annoncé qu'ils « avaient convenu de répondre à la demande de Damas de créer un groupe de travail trilatéral » pour « soutenir les efforts du gouvernement syrien visant à consolider le cessez-le-feu » à Soueida et à « résoudre la crise » dans cette région à majorité druze du sud de la Syrie.
Ils ont décidé de tenir une autre réunion dans les semaines à venir.
Mardi, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a discuté avec son homologue jordanien, Aymane Safadi, et l'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, « des moyens de renforcer la coopération » entre les trois pays afin « d'oeuvrer pour la « souveraineté » de la Syrie et la sécurité régionale, selon le ministère syrien.
M. Chaibani a qualifié la rencontre de « constructive et transparente » et réaffirmé l'engagement des autorités syriennes « à établir la responsabilité de toute personne ayant commis des violences ». « Notre peuple druze est partie intégrante de la Syrie », a-t-il ajouté sur X.
Une précédente rencontre avait déjà eu lieu à Amman le 19 juillet, après les affrontements meurtriers survenus en juillet dans la province de Soueida.
Des violences entre combattants druzes et Bédouins sunnites avaient entraîné l'intervention des forces gouvernementales et de combattants tribaux, ainsi que celle de l'armée israélienne, qui avait mené des frappes en appui aux druzes.
Un cessez-le-feu avait mis fin à une semaine de violences ayant fait 1.400 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, mais la situation est depuis restée tendue.
Les minorités syriennes expriment leurs craintes depuis la chute en décembre de l'ex-président Bachar al-Assad, qui se présentait comme le protecteur des minorités, renversé par une coalition de groupes islamistes.
Bien que les nouvelles autorités aient affirmé leur volonté de protéger l'ensemble des groupes ethniques et religieux, le massacre de plus de 1.700 civils, majoritairement issus de la communauté alaouite de l'ex-président, puis les violences à Soueida ont ravivé les doutes quant à leur capacité à gérer les tensions confessionnelles.
Mardi, le roi Abdallah II de Jordanie a rencontré séparément M. Chaibani et l'émissaire américain et exprimé son « soutien aux efforts de la Syrie » pour préserver sa stabilité, selon une déclaration du Palais royal qui a aussi souligné « l'importance du rôle de Washington » dans le soutien à la reconstruction du pays.


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