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Dernières Infos - Arménie-Azerbaïdjan

La Russie salue prudemment l'accord de Washington, l'Iran rechigne


Le président américain Donald Trump (au centre) s'exprime sous le regard du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan (à droite) et du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev après la signature d'un accord dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche à Washington, DC, le 8 août 2025. Photo AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

La Russie, puissance régionale dans le Caucase, a prudemment salué samedi la rencontre entre les dirigeants arménien et azerbaïdjanais à Washington ayant abouti à un projet d'accord pour mettre fin à des décennies d'hostilités, qualifié de « pas en avant significatif » par l'Otan.

L'Iran, voisin de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, a de son côté annoncé qu'il n'autoriserait pas la création, soutenue par Donald Trump, d'un corridor dans le Caucase reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan. L'Arménie, en majorité peuplée de chrétiens, et l'Azerbaïdjan, dont la majorité de la population est musulmane, se sont livré deux guerres au sujet de leur frontière et du statut des enclaves ethniques situées sur leurs territoires respectifs.

Ces ex-républiques soviétiques tentent depuis des années de conclure un accord de paix mais ces discussions peinaient à aboutir. Vendredi, leurs dirigeants se sont engagés à Washington, selon Donald Trump, à « cesser définitivement » leur conflit territorial.

« Nous espérons que cette initiative contribuera à faire avancer le programme de paix », a commenté samedi le ministère russe des Affaires étrangères, estimant que cette rencontre a été « positive ». Moscou, qui a multiplie aussi les efforts diplomatiques depuis des années concernant les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, a cependant souligné la nécessité pour ces pays d'avoir un « dialogue direct, sans aide extérieure ».

« L'implication d'acteurs extra-régionaux doit contribuer à renforcer le programme de paix et ne pas créer de difficultés supplémentaires », a averti le ministère russe.

Bien que la Russie reste un proche allié de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, les relations qu'elle entretient avec ces États se sont fortement détériorées ces deux dernières années, au point qu'Erevan et Bakou se tournent de plus en plus vers les Occidentaux.


Contre une « intervention étrangère »


L'Otan s'est de son côté plus résolument félicitée du projet d'accord de Washington, évoquant « un pas en avant significatif » et des « progrès vers la paix ». Paris, Londres et la Commission européenne ont également manifesté leur satisfaction.

L'Iran a quant à lui averti qu'il s'opposerait au projet de création d'une zone de transit traversant l'Arménie pour relier l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan - frontalière de la République islamique -, une revendication de longue date de Bakou.

Les États-Unis pourront y développer des activités économiques, ce qui leur permet d'avancer leurs pions dans une région très stratégique et riche en hydrocarbures. « La mise en oeuvre de ce complot mettrait en danger la sécurité du Caucase du Sud et l'Iran », a dit à l'agence de presse Tasnim Ali Akbar Velayati, un conseiller du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran s'oppose depuis longtemps à ce corridor, craignant qu'il ne le coupe du Caucase et n'apporte une présence étrangère à sa frontière. Samedi matin, le ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a toutefois salué l'accord de paix entre Erevan et Bakou négocié par Washington mais mis en garde, comme Moscou, contre « toute intervention étrangère » dans le Caucase. 


« Il y aura la paix »


Selon le projet d'accord conclu à Washington vendredi, l'Arménie et l'Azerbaïdjan « s'engagent à cesser définitivement tout conflit, à ouvrir les relations commerciales et diplomatiques et à respecter la souveraineté et l'intégralité territoriales » de chacune, selon M. Trump. On ignore toutefois si cet engagement est ou non contraignant.

Après la signature du texte, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a néanmoins salué une « paix » historique avec l'Azerbaïdjan.

« Depuis des mois, je répète qu'il n'y aura pas de guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, qu'il y aura la paix. Aujourd'hui, nous pouvons dire que la paix a été obtenue », a déclaré M. Pachinian, qui fait face à un mouvement de contestation dans son pays pour sa politique face à son voisin.

Le conflit territorial entre les deux pays concerne notamment le Karabakh, une enclave montagneuse qui a été au centre de deux guerres, l'une à la chute de l'URSS et l'autre en 2020. L'Azerbaïdjan l'a finalement repris aux séparatistes arméniens à l'issue d'une offensive éclair en 2023.

Bakou et Erevan tentent depuis des mois de s'entendre sur un accord de paix. L'Azerbaïdjan avait présenté une liste d'exigences à l'Arménie, dont l'ajout d'amendements à la Constitution incluant l'abandon de toute revendication territoriale sur le Karabakh.

La Russie, puissance régionale dans le Caucase, a prudemment salué samedi la rencontre entre les dirigeants arménien et azerbaïdjanais à Washington ayant abouti à un projet d'accord pour mettre fin à des décennies d'hostilités, qualifié de « pas en avant significatif » par l'Otan.L'Iran, voisin de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, a de son côté annoncé qu'il n'autoriserait pas la création, soutenue par Donald Trump, d'un corridor dans le Caucase reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan. L'Arménie, en majorité peuplée de chrétiens, et l'Azerbaïdjan, dont la majorité de la population est musulmane, se sont livré deux guerres au sujet de leur frontière et du statut des enclaves ethniques situées sur leurs territoires respectifs.Ces ex-républiques...