Des personnes marchent au milieu de bâtiments endommagés dans la rue al-Hurriya, une destination populaire pour acheter des appareils électroménagers avant la guerre du Soudan, le 15 juillet 2025. Photo AFP
La livre soudanaise a chuté à un niveau record sur le marché noir, ont indiqué jeudi des changeurs, alors que la demande d'importations augmente dans un pays paralysé par la guerre et privé de devises étrangères.
A Port-Soudan, ville devenue la capitale provisoire du pays, les changeurs font état d'une extrême volatilité cette semaine, la livre ayant chuté jusqu'à 3.000 par rapport au dollar américain, contre 2.600 au début du mois de juillet. Avant que les combats n'éclatent en avril 2023 entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), la livre s'échangeait à environ 500 pour un dollar.
La dernière baisse en date a commencé il y a une dizaine de jours, sous l'effet d'une « forte augmentation de la demande de dollars » pour payer des importations essentielles telles que la nourriture, le carburant et les médicaments, selon des changeurs. Avec des institutions étatiques en ruine et ses principales sources de revenus volatilisées, le Soudan, qui dépend fortement des importations, est confronté à une grave pénurie de devises étrangères. « Les principales sources de devises étrangères qui permettaient de compenser le déficit se sont taries à cause de la guerre », explique l'économiste Haitham Fathi.
Bien qu'elle maintienne un taux de change officiel de 445 pour un dollar, la Banque centrale du Soudan a peu d'influence dans un pays où la majeure partie du système financier s'est effondrée. Les banques y sont largement paralysées et la plupart des Soudanais s'en remettent à des changeurs informels. La dernière chute de la livre a encore fait grimper les prix. Avec un taux d'inflation officiel de 105%, mais probablement beaucoup plus élevé en réalité, les produits de base deviennent inabordables pour une grande partie de la population.
À Wad Madani, capitale de l'État d'Al-Jazirah (centre-est), Amna Hassan, fonctionnaire, explique ainsi que le budget de son ménage diminue de semaine en semaine. « Chaque fois que le dollar augmente, les prix augmentent, même pour les biens produits localement », confie-t-elle à l'AFP.
L'économie soudanaise, déjà fragile avant la guerre, est encore plus bancale depuis que le conflit a éclaté. Plus de 14 millions de personnes ont été déplacées et des infrastructures essentielles - ports, banques, agences gouvernementales... - ont été détruites ou endommagées. La famine a été déclarée dans certaines parties du Darfour (ouest) et du sud du pays, où les organisations humanitaires préviennent que des millions de personnes sont confrontées à une famine extrême.


Deux militaires tués dans une attaque à Machhad
Une bombe assourdissante vise une voiture au Liban-Sud, faisant un blessé ; deux raids de drone israélien sur Kfar Tebnit
Accord-cadre avec Israël : comprendre la véritable position de Walid Joumblatt